Ex-Terminée !

Préambule : Ceci n’est que pure fiction et toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est totalement fortuite !)


 

Par un beau jour de printemps, alors que les doux rayons du soleil sortaient lentement la nature de sa torpeur hivernale, les premiers bourgeons s’épanouissant sur les branches des arbres encore endormies, les oiseaux accordant leurs piaillements en une joyeuse symphonie et virevoltant le long de la brise légère dans un ballet harmonieux, je me rendais le cœur léger au bureau (et allez savoir pourquoi, avec une furieuse envie d’utiliser une carabine), bien loin d’imaginer ce qui allait m’arriver…  

(Petite aparté : j’adore ce genre de phrase pour meubler, parce que : non seulement, les coups du sort sont par définition imprévisibles, mais en plus, objectivement, si je me doutais des emmerdes que j’allais rencontrer, il y a peu de chances que je sois joyeux dès le matin : déjà qu’il faut sortir du lit et en plus c’est pour aller travailler… Je vois pas ce qu’il y a de sympa à commencer la journée !)

Bref…

Les salamaleks effectués et le traditionnel café-entre-collègues bu, je me préparais à passer 3 “délicieuses” heures en réunion d’équipe, pour le sacro-saint bilan mensuel des ventes et le suivi des indicateurs (et avoir la réponse au terrible suspence : est-ce qu’on est dans les clous ou pas?)… en d’autres termes : j’aurais mieux fait de rester chez moi !

Tel un coach sportif, et accessoirement grand admirateur du très distingué Philippe Lucas, notre Chef s’agitait frénétiquement au tableau (d’ailleurs, je me suis toujours demandé si les rougeurs autour de ses narines traduisaient effectivement une “réaction d’allergie au pollen”, ou une addiction à la cocaïne). Chaque graphique projeté sur l’écran blanc étant soigneusement commenté avec des phrases magnifiques telles que : “alors là les gars, va falloir se bouger le derch pour “achiever le goal””, ou encore : “là, on a fait une super progression, on a créé le buzz “, mon mobile se mit à vibrer, m’arrachant à mon affliction de voir autant de barbarismes.

Sur l’écran, un texto envoyé par “Manon” :

Vrrrrrr  – “Hello, tu penses à moi? Bisous bisous”
heu oui, je me fais royalement chier en réunion, et cet état d’ennui me fait inexorablement penser à toi… Non, je ne peux décemment pas écrire ça.

– “Bien sûr que je pense à toi ! Comment pourrais-je t’oublier ?” (voilà voilà, j’ai pas trouvé plus banal…)
Vrrrrrr – “Te moques pas de moi… Faut qu’on parle, on se voit ce soir au “Café Dupont” ?”

 

Et après une bonne journée aussi longue qu’ennuyeuse où les secondes s’allongeaient telles des minutes, je retrouvais Manon assise sous un parasol de la terrasse du dit café Dupont.

La commande servie, elle un coca light-avec-une-demi-rondelle-de-citron-et-pas-trop-de-glaçons et moi un demi, elle prit enfin la parole, le regard visiblement fuyant :

– T’as eu une belle journée?

– Moué, trop longue… Alors, c’était bien ce week end chez ta mère? Mais j’y pense, t’es pas rentrée avec un jour d’avance ?

– Heu si, si…

– T’as l’air bizarre, t’es sûre que ça va?

– Si ça va bien ! (et soudain le ton montant d’un cran) Oh et puis tu m’ennerves à la fin, faut toujours que tu m’analyses et me poses des questions sur mes week-ends, sur ce que je fais, tu m’étouffes !

– Quoi? je comprends pas bien, là ! Tu es partie 2 jours et je n’ai pas eu de news, normal que je te demande comment ça va, non?

– Oui, mais non ! Franchement on dirait que tu m’espionnes ! 

– Tu sais que t’es relou, là ? C’est ta mère ?

– Oui, enfin non, enfin… Bon, je vois quelqu’un d’autre et j’étais avec lui tout le week-end, voilà c’est dit !

 

La phrase résonna tel un grondement de tonnerre, je restais interdit quelques secondes, ou minutes…

Et le temps de reprendre mes esprits :

– Ouais ben c’est ça dégage conn**se, lui tansais-je en jetant le contenu de son verre (faut pas déconner, je vais pas gâcher ma bière !), le demi citron trônant alors comme un diadème sur une reine déchue, et l’outrageux maquillage dégoulinant façon Salvador Dali sur son visage étonné !

 

Oui, enfin, ça c’est ce que j’aurais dû dire et faire. Parce qu’en réalité, ça c’est passé plutôt comme ça :

– Attends, là je comprends pas bien…Vendredi, tout allait bien et là tu m’annonces que c’est fini. Qu’est-ce que j’ai fait ou pas fait (là, c’est la première erreur : savoir ce qui s’est passé dans sa tête très compliquée…) ?

– Non, mais c’est pas toi, c’est moi ! Je suis pas bien, je sais pas ce que je veux …

– Pourtant on était pas mal ensemble  ? (vu que tu es toujours entrain de te plaindre, même quand tout va bien, vu que tu baves sur la terre entière et vu que tu n’as pas d’ami stable, effectivement n’importe qui se trouve équilibré à coté de toi !)

Ils étaient sympas ces trois mois, non? (bégaillais-je, alors que ma voix étouffait un mélange de déception, d’amertume et de trahison)

– Ouais c’est vrai. En fait, j’ai bien reflechi et comme je ne pense pas à toi toute la journée, je me dis que je ne t’aime pas assez et lorsque je l’ai croisé, ben ça a été une évidence ! Tu sais, pour moi l’amour, c’est penser constamment à l’autre savoir ce qu’il fait au même moment…
– Ah bon, moi j’appelle ça être possessif et étouffant !

– Mais tu es quelqu’un de bien, je suis sûre que tu trouveras quelqu’un qui te mérite vraiment (ben pourquoi tu restes pas, alors?), mais vu qu’on risque de se croiser, comme on a des amis communs (non, vu que tu as essayé de me piquer mes amis, espèce de vampire ! Ne confonds pas tout…), autant rester amis, d’accord?

– Heu “amis” comme dans “sex-friend”? Ou comme dans “tu-me-racontes-toute-ta-vie-avec-tes-nouveaux-mecs”?

– Plutot le deuxième…

– Ah… Heu, j’ai droit à “l’appel à un ami”?

 

Et là, je fis la deuxième erreur : accepter d’être ami avec son ex !
Autant être honnête : les mois suivants n’ont pas été des plus faciles.

En effet, entre les sms et les appels à entendre parler de son nouveau mec, puis du suivant et de celui qui est passé dessus aprè
s qui a suivi, j’ai pas réussi à tourner la page…

C’est vrai : j’espérais bien reprendre une relation avec “Manon” ; elle continuait à me plaire et en plus son attitude était vraiment ambigüe : vas y que je te flatte, que je t’invite à diner, que je te confie plein de trucs, que je pose ma tête sur ton épaule…

C’est étonnant cette faculté à se faire du mal et à continuer d’aimer son bourreau !


Et finalement, quelques kilos en moins (tiens, un point positif…) et bien des nuits sans sommeil plus tard, alors décidé à ne plus être l’ombre de moi-même, je fis la connaissance de Bénédicte (bénit soit Internet !)… 

Avec elle la vie avait le goût des friandises de l’enfance : pétillante et sucrée, à consommer par plaisir et insouciance… “avait”, car… Même endroit (“Café Dupont”), 2 mois plus tard…

Elle : Bon, j’irais droit au but ! Je veux qu’on se sépare.

– Quoi, tu vois quelqu’un d’autre (on sait jamais)?

– Non, quelle drôle idée !

– Alors je ne comprends pas…

– Ben je sais pas, c’est sympa avec toi. On rigole bien, tu m’écoutes, mais parfois j’ai l’impression que tu lis trop entre les lignes !

Et là, trahissant mes 6 années d’études supérieures – d’abord de psychologie, puis de marketing international (ne cherchez pas, il n’y a pas de lien) – je formulai cette question d’une concision absolue :

– Hein ??? (Tests à la c*n de Biba de mer*e !) Attends, un jour tu me repproches de ne pas être assez présent et impliqué, le lendemain tu me dis que je t’étouffe avec mes appels. Tu te fous de moi ou quoi?

– Ben heu, comment dire… t’es faché? Parce que la dernière fois que je t’ai vu aussi rouge, tu mangeais un piment au resto Thai, mais tu criais pas… Mais on peut rester amis, c’est cool, non ?

 

Biba
Attention, ceci n’est pas un magazine, mais du vide, rempli de néant…

 

Put*** d’internet de merd*** !!!  

Pour paraphraser un célèbre philosophe-patineur français (Brian Joubert, pour ne pas le nommer… bravo l’artiste, tu as sû hisser haut le pavillon tricolore !); bon d’accord, lui parlait plutôt les JO, chacun son triple axel !

Et à propos d’axel… il n’y a qu’une glissade…


Un vendredi soir, quelque part à 10 000 mètres du sol… A l’invitation de l’hôtesse, ma voisine, le regard perdu dans l’imensité du ciel azur, détourna sa tête du hublot pour commander un Perrier (Et pour vous Monsieur? Un jus de tomate, s’il vous plait).

Axelle faisait partie de ces femmes qui passent leur “moitié de leur vie en l’air”, puisqu’elle auditais les filiales internationales d’un grand groupe industriel français ! Sa maison, c’était l’hotel et seules ses escapades le week end lui procuraient l’occasion de s’évader du boulot. Très chic dans son petit tailleur, les cheveux noués en une grande tresse et un décolleté vertigineux ! Son plus grand tic, amusant au début : parsemer ses phrases de divers anglicismes…

Y’a pas à dire : l’avion, c’est chouette !


Même endroit (le café Dupont), le dimanche soir (je commence à me demander s’il ne me porte pas la poisse ce café !)…

– bon, je viens te dire “goodbye”.

– You say goodbye, and I say Helle, hello, hello…

– Hein ?

– C’est une chanson des Beatles Hello-Goodbye : “You say Yes, I say no, You say stop, I say go, You say goodbye, I say hello…

– Connais pas ! En tous cas, C’était très agréable ce week end en ta compagnie.

– Oui, carrément (I don’t know why you say goodbye, I say hello… elle a quand même une poitrine incroyable… stop, la regarde pas, écoute ce qu’elle dit) !

– … et donc mon “plane” décolle demain matin !

– (mince elle a dit quoi ?) ah d’accord ! Tu pars faire quoi (c’est fou quand même, une poitrine comme ça… Dans les yeux ! Regarde là dans les yeux !) ?

– Elle est dingue ta (semaine) poitrine… Heuuu (quel c*n, j’ai dit ça à haute voix, me suis mélangé avec mes pensées)… Ta semaine ! (vite, faisons comme si de rien n’était et changeons de sujet…) Et donc on se voit le week-end prochain ?

– Ben non justement, vendredi soir, je suis à Zurich et la semaine d’après à Toulouse, puis à…

– Oui, bon ça va, j’ai compris ! (I don’t know why you say goodbye I say hello, Hello)

– Mais comme tu es un “mec à la cool”, on peut rester “buddy” !


Et allez… Encore un franc succès !

 

“Comment ça, Bill, tu veux pas qu’on reste amis?”


Cependant, quelques mois après, les choses allaient changer. En effet après le mariage d’un ami avec sa délicieuse copine rencontrée quelques mois plus tôt en voyage (c’est dingue comme ça marche toujours mieux chez les autres !), me voici face à Agnès, au même endroit :

Agnès : il faut qu’on parle

– Encore?

– Je ne voudrais pas qu’on gâche notre belle amitié par une vulgaire histoire de c*l… Je crois qu’il vaut mieux qu’on reste amis ! C’est mieux pour nous deux…

(bon, c’est clair, il me porte la poisse ce café !)

– Heu stop ça commence à faire là !

– Quoi?

– Non, c’est pas à toi que je parle, c’est au rédacteur tordu de ce Blog !

– Quoi, je comprends pas ? Dit Agnès en se tournant les cheveux du bout des doigts, le regard vide.

– Non, c’est vrai t’en n’as pas marre de me faire porter le chapeau? Personnellement, ça me gonfle de me faire lourder ! Tu crois que c’est drôle ? C’est à toi que je parle, là, toi derrière ton clavier !

Le Rédacteur du blog : Woh, c’est quoi cette rébellion ?

Lui : Ben là ça me saoûle là… ça t’amuse de me faire répeter encore et encore la même situation ? Tu pourrais pas inverser les rôles pour une fois?

Le Rédacteur du Blog : ça va, zen… c’est
juste une fiction ! 

Lui : Peut être, mais en attendant, dans ta fiction, c’est moi qui déguste !

Le Rédacteur du Blog : Parce que tu crois que c’est plus rigolo dans la vraie vie? Tu l’as échappé belle, j’aurais pu te faire le récit à la façon d’une sitcom d’AB Production… ça te tente d’avoir des faux rires enregistrés à la fin de chaque phrase ?

Lui : Personnellement, j’aurais préféré me retrouver dans un SAS !

Le Rédacteur du Blog : Oui ben, y’a pas écrit Gérard de Villiers, là !

Lui : Evidemment, j’ai jamais de bol, moi ! allez, soit cool : change la donne, parce que ça devient lourd (un peu comme ce récit d’ailleurs…).

Le Rédacteur de Blog : Bon, ok, c’est vraiment parce que c’est toi…

Flash back… 

Me voici avec Agnès, au même endroit, quelques mois plus tard :

– Salut Agnès, bon, j’ai bien réflechi ces dernières semaines et sincèrement ça peut plus durer !

– Je suis bien d’accord, je viens m’installer chez toi !

– Heu, non pas précisément !

– Ben quoi alors ? 

– C’est fini : ce n’est plus “Toi plus Moi”, comme dans la chanson, mais “Toi moins Moi” ! 

– Heuuu, Je comprends pas bien, là !

– C’est effectivement un des problèmes : tu ne comprends jamais rien ! Paris Hilton à côté de toi pourrait concourir pour le prix Nobel ! En plus tu es triste à mourir, un wagon de militaire ayant perdu la guerre est plus drôle que toi, et pour couronner le tout : tu es aussi chaleureuse qu’un iceberg. Alors je vais tenter de te le résumer brièvement : Tu dégages ; tu sors de ma vie; je ne veux plus te voir; tu prends tes affaires et tu pars… Non parce que là, c’est plus possible ! Quitte à passer pour un gros réac’, je commence à me dire que c’était mieux avant, je veux dire vraiment avant, au temps de Cro-Magnon : un bon coup de gourdin sur la tête et hop, on ramenait la femme jusqu’à la caverne… Maintenant c’est madame qui veut porter le gourdin et s’en servir en plus ! T’es pas dans un conte de fées ma chérie, avec des oiseaux qui chantent et des écureuils qui étendent ton linge ! C’est pas parce que c’est écrit dans les livres de Marc Levy qu’il faut croire que tu es une princesse et que ton prince charmant roule en Ferrari, qu’il sait faire la cuisine, qu’il est à la fois un confident, un psy, un père, un amant, qu’il a envie d’écouter sans arrêt tes problèmes de bureau (honnêtement, les siens sont beaucoup plus importants!), qu’il est non seulement présent, mais qu’en plus il te laisse de la liberté, qu’il s’investit, qu’il te fait des compliments, surtout devant tes copines, mais sans les faire trop rire, qu’il te fait des cadeaux tous les jours, qu’il… Stooooooop .. à ce rythme, l’espèce humaine est en voie de disparition ! Donc pour le salut de mes futurs enfants, je ne veux plus te voir et encore moins qu’on reste amis…

Rhaaaaaa, qu’est-ce que ça fait comme bien !

 

 

Enfin bon, tout ça pour dire que j’ai vu, sous la contrainte, un gros navet où les héroines, 3 super-copines-à-la-vie-à-la-mort-et-grosses-bombasses-chagasses, décident de se venger du mec (le capitaine de l’équipe de foot du lycée, rhooo, comme c’est pas cliché !), ce-gros-salaud qui se tape chacune d’elle sans que les autres soient au courant ! C’est là qu’on voit les limites du scénario, parce qu’il aurait pu se les taper les 3 en même temps, façon plan à 4, puisqu’elles sont super copines et que c’est  le plus beau mec du lycée (enfin je dis ça, je dis rien…) !

Encore un grand grand film : bien écrit, pas du tout prévisible et pas du tout caricatural (mais siiiii, c’est vraiiiiiment bien comme film) !

C’était tellement bien que j’ai oublié le titre et les acteurs insipides et que je me suis endormi !

Enfin, ça aurait pu être pire : j’ai failli aller voir Twilight !

Ah oui, et j’allais oublier, pour faire le lien avec le titre de l’article : il ne faut pas, voir éventuellement jamais, devenir ami avec ses ex (sauf rares exceptions… comment ça je me contredis ?), c’est dangereux !


I don’t know why you say goodbye I say hello, Hell-oooo…

ça y est, c’est malin, maintenant j’ai cet air dans la tête !

 

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