Chiang Mai et alentours : les surprises du nord.

Sawadee Khrap ami lecteur !


(Etape du voyage : 1 jour à Bangkok1 jour à Ayutthaya2 jours à Bangkok3 jours à Chiang Mai – 1 jour à Chiang Rai2 jours à Sukhothai4 jours à Siam Reap3 jours à Kho Phi Phi – 3 jours à Krabi – 1 jour à Bangkok).


Avant de parler des hautes terres du nord, j’aimerais revenir sur un épisode sympa : le train thaïlandais. Et plus précisément le train de nuit !
Arrivés tant bien que mal à la gare, nous attendons patiemment sur le quai l’arrivée du train.

Heureusement que nous avions réservés les billets à l’avance (merci Alex’): les quais sont en effet bien remplis et pour trouver le bon quai, nous ne sommes pas trop aidés en cela par les panneaux : les indications claires (je veux dire au moins en anglais) font un peu défaut…

Un coup d’oeil à droite, un coup d’oeil à gauche et hop on franchit les voies ferrées et les flaques (pour ne pas dire les lacs, compte tenu l’averse qu’on vient d’essuyer!) pour finalement retrouver le bon quai, rejoints progressivement par des familles thai et d’autres voyageurs. Les plate-formes re retrouvent très vite bondées.
Enfin, une lueur se fait plus précise au travers des épaisses gouttes, accompagnée par un sifflement aïgue : les gens s’écartent du bord à l’annonce mi-inaudible mi-incompréhensible (message en thaïlandais seulement, avec un son à la fois grave et grésillant), des hauts parleurs : le train à vapeur entre lentement en gare.

En s’installant dans le wagon, la surprise est totale : pour un train couchette, il n’y a aucun lit, mais que d’épaisses banquettes et des range-bagages d’où partent des échelles !
Grosse surprise et surtout une pointe de déception : on croyait avoir réservé des couchettes, en fait on va dormir assis sur des banquettes ! Pfff, ouais super le train de nuit !
En fait, ce n’est qu’une fois le diner terminé et les plats débarassés, que le superviseur passe et transforme alors chaque banquette en 2 lits superposés. C’est trop magique !!!
En fait, on s’est pas fait avoir sur le prix !

En matière de “petits boulots”, la Thaïlande fait office de modèle : à l’entrée dans le train, le responsable du wagon nous accueille : c’est lui qui supervise la sécurité du wagon, s’assure que tout va bien, vous réveille le matin…
Puis la responsable de la cuisine du wagon nous apporte les menus du soir (1 à choisir parmi 3, et en plus c’est inclus dans le prix du billet).
Une fois la commande passée, elle revient avec un serveur, qui n’hésite pas à se servir une bière avec nous, pendant ce temps là le cuisinier prépare les plats.
Puis une nouvelle personne passe pour nettoyer le wagon; je ne sais pas où ils se cachent, mais en moins de 2h, nous avons vu passer 4 personnes différentes, juste pour le service d’1 voiture !

Le long des 800 kms qui sépare Bangkok de Chiang Mai, le train effectue beaucoup d’arrêts, sans grandes pointes de vitesse. Nous arrivons avec une bonne heure de retard… ce qui nous a laissé le temps d’apprécier pleinement le petit déjeuner (toujours au choix… ah tient, un nouveau serveur…) !
Le service n’a vraiment rien à voir avec notre chère SNCF…

Le train évoluant à flanc de montagne sur une voie escarpée, il offre une vue dégagée sur des vallées aux reflets verts d’une végétation bien fournie. Les sommets accrochent les nuages et les déchirent en fréquentes averses.



Un peu d’histoire (rapide…) : Chiang Mai (signifiant “Nouvelle Ville”), fut édifiée à la fin du 13è siècle, sous le règne du roi Mengrai. La ville, forteresse carrée est protégée par d’une épaisse muraille, bordée de larges fossés (construits pour se protéger des attaques régulières des Birmans), dont le centre est un dédale de petites rues étroites, avec, bien sûr un marché ! Elle est en bord de la rivière Ping, un affluent du Chao Phraya (et non pas du Pong… Ping… Pong… Ping Pong ! Jeu de mot… C’est hyper drôle, non ?! Heuuu, comment ça “non pas là” ?)…

Bon, bref  continuons… Ancienne capitale du Royaume Lan Na (au 14è siècle), elle fut ensuite sous la domination d’Ayutthaya, avant d’être conquise et occupée par les Birmans durant 2 siècles, puis reprise de nouveau par les Thais, sous le règne du Roi Taksin (fin 18è) et ne fut reliée au reste du pays qu’au début du 20è siècle !

Si la vieille cité n’est pas très grande, la nouvelle en revanche s’étend de plus en plus. Et en pleine journée plus d’1,5 millions de personnes viennent animer la ville, considérée officiellement comme la capitale du nord.



Une fois nos sacs déposés dans un des (nombreux) guesthouse (nous en avons visités que 3, avant de nous mettre d’accord!), nous entamons la visite de la ville par un petit tour au marché Warorot (marché de jour), sous des trombes d’eau…
Les marchés en Thailande sont vraiment étonnants, à nos yeux d’occidentaux : étals de poissons entrain de sécher (ou dans des bassines remplies d’eau), légumes, viande, insects séchés, vêtements, épices, décoration, tissus, objets ménagers, bijoux : on trouve de tout et en grosses quantités (et les odeurs se mélangent bien !), dans des conditions d’hygiènes loins des notres et pourtant relativement propres…
Parfois, entre deux présentoirs (ah tiens, y’a des portraits du Roi ici aussi…), les tôles ondulées trouées par la rouille créent de jolies cascades d’eau de pluie à l’intérieur du marché !

Ce qui est aussi amusant, ce sont les scènes de vies (impossibles à résumer comme ça), comme par exemple : une famille de 5 personnes sur une même mobylette, des échafaudages en bambous-dont-on-ne-sait-pas-bien-comment-ils-tiennent (et pourtant ils sont réputés très solides ! J’aimerais bien voir la tête des inspecteurs du travail français faisant une visite de chantier ici…), une échelle en bambou qui prend appui sur des dizaines de fils électriques (avec une chaussée rincée par une récente averse), les chauffeurs de tuk tuks entrain de faire la sie
ste dans l’attente d’un client potentiel…

Il y a plus de 350 temples à Chiang Mai ! Vu que nous n’avons pas le temps de tous les voir, nous faisons une sélection et ainsi visitons :

– le Wat Phra Singh : situé à l’ouest de la ville, mais à l’intérieur des remparts, il fut fondé au 14è siècle et reste un des plus importants temple de la ville. Si le grand vihran (temple principal) semble assez classique (ou en tous cas sobre), en revanche, le petit Bot du fond, à côté du grand chedi tout blanc est plus travaillé : sa façade est en effet sculptée et ornée de fresques datant du 17è siècle et des petits escaliers en briquettes rouges permettent d’y accéder.

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Aujourd’hui, c’est “Bouddha’s day”, ou célébration d’anniversaire de Bouddha, connu aussi sous les noms de Vesak ou Visakah Puja. C’est un jour important dans la religion bouddhiste et un des festival majeur, car il célèbre à la fois la naissance, l’éveil et la mort du Bouddha (chacun se sont produits le jour de la pleine lune en mai). Durant la journée, les fidèles se rendent au temple et se connectent à Bouddha par des fils de coton qu’ils s’enroulent autour de la tête, pendant que les moines entonnent des sermons, dans des sonorités hypnotisantes. La nuit tombée, des cortèges traversent la ville, éclairés par des bougies que portent les fidèles en procession.

Dans le jardin, sous les arbres, des jeunes (très jeunes d’ailleurs) moines en formation se regroupent autour de grosses table en pierre pour méditer… ah non, en fait ils jouent à un jeu style dame.
Les visiteurs sont invités à se promener en silence et peuvent lire différentes citations empreintes de sagesse bouddhiste, éparpillées un peu partout :
– “Do try to do good, but not to be great, otherwise, you will be in danger”
– “Everyone may be a fool, but nobody is a fool for ever”
– “Merit is to be accumulated, evil is to be abandoned”
– “The skilled man does not show off, but the man without knowledge usually shows off”.

Heu, par contre, je me pose une question : ça fait de moi un bouddhiste si je dis, par exemple :
“On doit vivre sa vie en regardant devant soi, mais on ne la comprend qu’en regardant en arrière ” (bon, ça c’est pas Bouddha, mais Kierkegaard… ouais, j’aime bien citer Kierkegaard, ça fait classe !)
“Ce n’est pas en écoutant quelqu’un parler que l’on évolue, mais en agissant et en vivant des expériences”.
“La seule compétition valable est celle que l’on a sur soi-même. Se surpasser, plutot que dépasser”.
“Le but, ce n’est pas le bout du chemin, c’est le cheminement”.
“Je ne veux pas triompher, je veux vivre !”
ou encore : “S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème”

Ah j’en ai peut être ai un : ” si ce que tu dis n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi” !
(Merci à Eric Emmanuel Schmitt, au passage) bref… ça m’a pas l’air d’être facile de devenir un sage bouddhiste ! Déjà faut se raser la tête et s’habiller en toge orange… Et là, c’est pas gagné !

– le Wat Chedi Luang : complètement central dans la vieille ville, le temple du grand stupa, fut fondé en 1401. Son grand chedi, modèle Lanna, fut partiellement détruit par un tremblement de terre au 16 siècle : impossible de le rater, c’est lui qui domine le temple. À l’origine, il était composé de trois temples, le Wat Chedi Luang, le Wat Ho Tham et le Wat Sukmin.
C’est aussi ce chedi qui a hébergé le fameux Bouddha d’Emeraude que l’on voit désormais au Wat Phra Kaeo de Bangkok.
Dans le parc, un endroit a été aménagé afin de permettre aux touristes curieux de rencontrer des moines bouddhistes prêts à répondre aux questions relatifs à leur croyance, religion, philosophie…

– le Wat Ched Yod : Situé hors des remparts, dans le nord ouest de la ville, il faut négocier avec un tuk-tuk pour s’y rendre. Il s’agit d’un vieux temple construit au 15è siècle situé dans un environnement très fleuri et très vert. Le lieu est très calme avec des stupas, d’autres petits temples autour et bien sûr des moines qui se promènent dans les jardins, drapés d’orange.

Il a la particularité de posséder un vieux Chedi à 7 pointes, ce qui symbolise les 7 semaines que Bouddha passa sous un figuier, avant son Illumination.

Après une bonne journée de visite, autour d’une petite Singha bien fraîche (une des 2 grandes bière Thaï), nous faisons la connaissance d’un guide ; il nous propose de nous faire visiter les environs et de faire une excursion d’une journée vers Chiang Rai.

Ainsi le lendemain, nous effectuons un petit tour : une visite au parc des singes (avec spectacle), qui se poursuit par une visite au parc des serpents (Mae Sa Snake Farm).
Honnêtement, les deux parcs étaient très touristiques, mais très sympa quand même, surtout le spectacle des serpents où le dompteur assez habile aime à jouer à nous faire peur !
C’est incroyable ce qu’on peut faire avec un cobra !

Mais surtout, le plus amusant a été la rencontre avec un animal mythique en Thailande, véritable adoration, puisqu’il est représenté sur beaucoup de monuments, sculpté, dessiné, brodé, peint et même le roi en possède une dizaine, albinos : l’éléphant !

Alors, pour moi, du haut de mes souvenirs d’enfance, un éléphant se déplace en file indienne dans la jungle sur une musique militaire, un éléphant ça a une mémoire incroyable, un éléphant ça trompe énormément, et enfin un éléphant, ça “se balançait sur une toile toile toile toile d’araignée…” !

(voilà, ça c’est fait au niveau “blagues à deux balles”… je continue mon récit !)

La rencontre se passe dans le centre de dressage de Mae Sa Elephant Camp.
Pour commencer, nous assistons au bain des grands pachydermes facétieux (ils prennent de l’eau dans leur trompe et arrosent le public ; cris des arrosés et éclats de rire de ceux restés secs, garantis !).

Il y a 2 équipes, toutes deux les pieds dans l’eau : ceux qui lavent les éléphants avec de grands balais et ceux qui sont en aval de la rivière avec des panières pour récupérer les excréments (gros comme des ballons de foot, ou presque…)… (tu parles d’un boulot de m*** !)

Mae Sa Elephant Camp

 

Puis les dresseurs nous montrent les prouesses de leurs élèves : jouer au football, jouer aux fléchettes (sans avoir bu de la bière dans un pub!), porter des lourdes charges (troncs d’arbres) et même peindre (ce qui leur a valu une récompense dans le guide des records) !

 

 

 

Mae Sa Elephant Camp2

 

La visite se termine par une ballade dans la jungle dans une nacelle à dos d’éléphant : Enoooorme !!!!

Mae Sa Elephant Camp3

C’est cool… on part à la chasse au tigre alors ?
Ah bon, y’en a pas ici, c’est à Kanchanaburi, pas à Chiang Mai… quelle déception !

Voilà quelques impressions compilées, entendues au hasard de la promenade :
heuu, ça passe pas, là, y’a des bambous… ah ben si, il a tout défoncé !
Ah ben maintenant, celui de devant s’arrête pour manger. Ah bon, on le double? Hé mais c’est trop étroit et en plus c’est en pente jusqu’à la rivière… oh enc***, il glisse !!! oh put*** ça secoue, oulà, ça penche, maintenant ! Mais on va tomber, il va nous écraser et on va tous mourir !!!! ah non, ça va en fait…
Ah ben ça y est, lui aussi il a faim maintenant… T’as vu comment sa trompe s’enroule autour des branches et la force avec laquelle il tire dessus ? C’est incroyable !
heuuu, il va quand même pas rentrer dans la rivière là? Ah ben si… Ah tiens, je touche même pas l’eau !

C’est marrant, l’éléphant : ça tangue quand ça marche, ça passe partout et c’est finalement assez stable comme moyen de transport !
Par contre, c’est pas simple à garer…

Alors oui, ce genre de camps est un peu une grosse usine à touristes (vu le nombre de bus garés sur le parking), et le spectacle des éléphants jouant au football ou aux fléchette ou encore peignant peut laisser perplexe (bien que ce soit surprenant !) et le procédé peut être discutable…
D’ailleurs le guide nous propose ensuite un autre camps tenu par une petite association et qui propose aussi la descente d’une rivière adjacente sur un radeau de bambous.

Avant de monter à bord de l’embarcation, et vu qu’il n’y a aucun autre touriste, ils invitent ceux qui le souhaitent à monter sur un éléphant. Comme je le disais : c’est sacré comme animal ici.
Bon, d’accord, on vient d’en faire… sauf que là, au lieu d’être confortablement assis sur une nacelle, ils nous proposent de nous asseoir directement sur le cou !
Pour monter dessus, l’éléphant se met à genou ; on peut alors enjamber sa tête.
Puis, brusquement, il se lève et on se retrouve à 5m du sol, une grosse trompe entre les jambes…
(quoi, c’est tendancieux? ah ben ça alors, j’y avais même pas pensé !)
Pour s’agripper, il y a bien 2-3 poils au dessus de la tête, mais ils sont hyperdurs et la peau est très rugueuse. Et là, c’est beaucoup plus rock and roll… surtout quand il se dresse sur ses 2 pattes arrière ! (ouais, bon OK, ça il l’a pas fait… mais n’empêche : c’est impressionnant !)
Et surtout cela crée un drôle de sentiment : à la façon qu’il a de vous regarder, on a l’impression qu’une connexion unique se crée et qu’en dépit de sa taille massive, il vous invite à monter sur son dos et vous assure qu’il ne vous fera aucun mal !
Et effectivement, il se montre très doux dans ses mouvements…

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Le radeau est constitué d’une vingtaine d’immenses bambous reliés (solidement?) entre eux. C’est très stable, et flotte super bien, même si on se mouille les pieds dans les interstices. Il se dirige à l’aide de 2 grandes perches (il faut donc 2 personnes) en évoluant sur une eau d’un beau bleu-marron, entouré de collines bien vertes.

On peut ainsi découvrir, au hasard des détours, des maisons construites dans les arbres, des petits villages en bord de rivière et même des vrais éléphants albinos !

Chiang Mai est aussi entouré de nombreux villages peuplés de différentes ethnies minoritaires. Une des plus remarquables est certainement celles des femmes girafes, dont le cou est allongé par un empilement de colliers en or (fragilisant ainsi leurs cervicales). Aujourd’hui, ces ethnies sont devenues très touristiques (il faut payer pour entrer dans les villages), et le côté un peu “voyeur” dérange certains membres du groupe… nous n’irons donc pas les voir (ah, si : j’en ai aperçu une au bord de la route ! ).

C’est aussi à Chiang Mai que nous découvrons nos premiers massagesthaïlandais” : une heure, pendant laquelle des mains expertes enchaînent appuis, pincements, massages-drainages et étirements, des pieds à la tête, de dos et de face. Ils sont plus doux (et aussi agréables à voir) quand ils sont exécutés par une jeune (et jolie) thailandaise, mais plus efficaces quand se sont leurs aînées (plus âgées donc…) qui les pratiquent ! On ne peut malheureusement pas tout avoir !
Les massages sont une institution dans le pays et plus généralement dans la culture asiatique (il a particulièrement bénéficié des influences voisines : Chinois et Indiens).
Bien loin de l’image que l’on s’en fait dans les pays occidentaux, le massage traditionnel thaïlandais, ou Nuad Thaï, est surtout l’occasion de se détendre, d’éliminer les tensions (et donc rétablir l’équilibre global pour une bonne circulation de “l’Energie”), mais aussi soigner. En effet, à l’origine le massage a un but thérapeutique, puisqu’il est inscrit dans la médecine traditionnelle thaïlandaise depuis plus de 1000 ans.
Fondé il y a plus de 2500 ans par le docteur Jivaka Kumar Bhaccha, contemporain du Bouddha, il est inspiré du yoga et étroitement lié au bouddhisme. Il fut d’ailleurs en grande partie développé et pratiqué par les moines (on retrouve de nombreux textes au temple de Wat Po à Bangkok).
Enfin, dans les institutions sérieuses, les praticiens respectent un certain cérémonial, car avant de débuter, le (ou la) masseur (ou -seuse… c’est mieux, je trouve !) effectue une petite prière au père fondateur.
Donc non, le massage thaïlandais n’est pas une activité exclusivement nocturne réalisée dans les quartiers chauds de Bangkok, mais bien une activité qui se pratique n’importe quand dans la journée; il n’est d’ailleurs pas rare de voir au cours d’une ballade, les gens se faire masser les pieds, ou le dos, même en pleine rue !

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Il existe plusieurs variantes : le traditionnel (des pieds à la tête), le massage aux herbes, le massage à l’huile, le massage des pieds (qui va jusqu’au genou en fait)…

Là encore, il a fallu négocier… non pas avec les masseuses (les prix sont fixes), mais plutot au sein du groupe (nous sommes partis à 6). ça commençait à peu près comme ça :
– Tiens, j’irais bien me faire masser…
– ah ouais, moi aussi.
– bonne idée, en plus à Chiang Mai, les massages sont assez réputés !
– tu sais qu’il y a un institut médical de formation aux massages ? Enfin, d’après le guide.
– et qu’il est presqu’aussi reconnu que l’école de Wat Po ! D’après l’autre guide.
– Ah ben on y va alors !
– Oui, pourquoi pas…
– Ah ouais, c’est super kiffant !
– T’as rien compris, on dit “ultra kiffant”, pas “super kiffant” ! ça veut rien dire, sinon !
– Ah bon, alors s’il y a que ça pour te faire plaisir : ouais, c’est ultra kiffant !
– Oh, non pas maintenant…
(pour plus de facilité dans la suite du dialogue, je réduirais le nombre de personnes à 2).
– ben pourquoi?
– parce que j’ai transpiré et je veux pas qu’on me touche. Je veux prendre une douche avant !
– pffff, je sens bien le truc, ou après tu auras faim et tu voudras boire une bière et du coup on n’ira pas se faire masser.
– ouais, moi aussi ! (oups, y’en a un qui vient de se glisser dans la conversation… j’ai dis que je poursuivais à 2 !)
– Ben vas te laver, nous on va se faire masser !
– Mais non, on est un groupe, on y va tous ensemble, ou on n’y va pas !
– OK, alors on y va !
– Non, pas tout de suite : il faut comparer les prix… 300 baths (6 euros !) pour une heure c’est hyper cher… faudrait voir ailleurs !
– pfff, on va pas se faire tous les salons pour savoir lequel est le moins cher !
– moi je cautionne pas les prix élevés en Asie ! Après c’est l’inflation incontrôlée !
– t’as décidé de faire ton relou?
– oh, ça va !
– quoi, ça va? non, ça va pas !
– …
– …
– ben c’est quoi, ça?
– sluuuurp… ben pendant que tu te décides à savoir si tu veux te faire masser maintenant, ou si tu préfères faire ton boulet, ce que tu fais très bien d’ailleurs, ben j’ai été prendre un Mango Shake. Hum C’est trop bon !
– y’en a aussi au Lassi?
– c’est pas la question !!!
– ah on c’est quoi, la question ?!
– Non mais quelle mauvaise fois, c’est pas humain !
– ???
– …
– …

– …
– quoi?
– quoi ? Quoi?
– non, rien !
– ben si, dis !
– J’ai chaud !
– ça n’a rien à voir !
– Non, mais j’ai chaud quand même
– Mais change pas de sujet !
– Je change pas de sujet !
– pfff …
– pffffff…
– pfffffffff…
– …
– …
– …
– …
– …

– … !?!
– …
– …!!!
– …???!!!
– …!!!!!!
– …
– …
– …
– oui, c’est ça, ne dis rien…
– bon je reflechis
– tranquille…
– …
– prends ton temps, on est en vacances et de toutes façons, ils ferment à 23h.

– …
– …
– …
– …
– …

– …
– …
– …
– …???!!!
– …!!!!!!
– …???
– …!!!
– …??
– …!!
– …?
– …!
– …
– …
– …
– …
– …
– …
– …
– pffff…
– hein???
– quoi, hein?…
– …
– …
– …
– …
– …

– …
– …
– …

– …
– …
– …
– …
– …
– …
– …
– …
– Alors on fait quoi ?!
– bon c’est OK, on y va?
– ben c’est toi qu’on attend, pas moi…
– ben non, c’est toi !
– mais c’est qui, là?
– c’est toi ! et là, c’est moi !
– Oh put*** je suis perdu, c’est à qui, là?
– ben c’est moi, là !
– non, là c’est moi et toi, c’est là !
– hein?
– Bon, vu que je ne sais plus ou on en est, ce qu’il faudrait, c’est recompter les tirets… C’est dingue, on se croirait dans un dialogue à la Anna Gavalda (et encore, il manque des tirets) !




Très honnêtement : sur le moment, ça fait parfois mal, d’autres fois ça chatouille, mais on ressort complètement relaxé, détendu, comme sur un nuage… “c’est comme si on avait eu une douche intérieure” me dit un adepte. C’est pas faux… Et en fait : QU’EST-CE QUE C’EST BON !!!

Enfin, j’ai pu regouter à ce qui est devenu mon dessert préféré : le Mango Sticky rice, appelé là-bas : le Khao Niao Mamuang!
Il s’agit de riz gluant au lait de coco, servi avec des morceaux de mange. C’est à tomber !
Il n’y a pas à dire entre Tom Kha Kai, Larb Nua, Pad Thai, Red Curry… pour tous les amateurs de plats épicés et parfumés (citronelle, curry, basilic, coco, papaye verte, échalotte, aïe…) : on mange super bien ici !

Et ainsi se fait la découverte (rapide, j’en conviens) de la deuxième ville du pays.

Prochaine étape, un peu plus au nord : le Triangle d’Or, avant de poursuivre vers la première capitale historique de la Thaïlande !

 

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5 commentaires

  1. J’ai trouvé les prénoms des 2 personnes du dialogue!! je suis trop forte!!!!!!! ca rappelle trop de souvenirs c genial!

  2. Salut!

    Super ton blog! très informatif et divertissant… 🙂

    Avec mon chéri on repart en Thaïlande tout le mois de novembre et si la dernière fois on est restés vers Bangkok et Koh Phangan, cette fois-ci on veut passer 5 jours à Chiang Mai.

    Comme toi on va voyager en train de nuit pour le trajet BKK- CM…on a déjà expérimenté ça de Bangkok à Surat thani et on a trouvé très drôle et super pour découvrir les paysages.

    A Chiang Mai on aimerait faire une balade avec les éléphants mais plutôt à cru, sans la nacelle. Te souviens-tu de l’endroit ( le camp tenu par l’association) où tu as pu faire la balade à dos d’éléphant et le tour en radeau?

    Je te remercie pour toutes ces infos et espère avoir de tes nouvelles!

    Bye!

    1. Beau programme !
      Pour le camp d’éléphants, je ne me rappelle plus…
      En revanche, j’ai entendu parler d’un camp a Chiang Mai, ou touristes et volontaires peuvent venir soigner les éléphants mal traités : “Elephant Nature Park” : http://www.elephantnaturepark.org
      Peut être que cela peut vous intéresser ?
      Bons préparatifs et bon voyage !

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