Des Hommes et des Temples : Tirta Empul

Halo halo ami lecteur !

Après 1h30 de route depuis Seminyak, à mieux faire connaissance avec Agus, son pays et découvrir les paysages qui bordent la route, nous voici enfin arrivés devant les fameuses sources sacrées de Tirta Empul et marchons vers…

 

Le Temple.

L’entrée payée (15 000 rupiah, soit 1 euro), nous nous dirigeons en direction de la porte qui donne accès aux bassins et aux eaux si célèbres à Bali.

 

Tirta Empul Porte 2 

Alors d’après mes sources (eaux… sources… petit filet d’humour ! Ok, enfin bon bref, passons…), soit une inscription située sur le site, le temple aurait été érigé en 926 de notre ère, sous la dynastie des Warmadwa.

Comme tous les temples indouistes, il faut passer plusieurs portes pour accéder au cœur.

Au sein d’un temple, elles servent donc de passage symbolique entre les « mondes » bien spécifiques, organisés de façon concentrique :

– celui des Démons (“Bhur”), à l’extérieur du temple,

– celui des Hommes (“Bwah”), intermédiaire,

– celui des Dieux (“Swah”), à l’intérieur du temple, le plus important.

Les portes représentent donc la séparation entre le monde matériel et le monde spirituel.

Alors que nous nous approchons de la première porte, une femme tout-en-habits-de-cérémonie vêtue, une étole nouée autour de la taille et les bras charges d’offrandes et met un genou à terre. Face à la porte, elle dépose un petit panier d’offrandes, allume un bâton d’encens et enserrant quelques pétales entre l’index et le majeur, tourne la main au-dessus de sa tête, en murmurant des tantras, puis avant de partir un peu plus loin répéter le même cérémonial, dépose quelques gouttes d’eau bénite.

Tirta Empul temple

 

Appelés « Canang Sari » (signifiant « belle intention »), les petits paniers en feuilles de palmier tressées, sont chargés de fleurs multicolores et sont déposés un peu partout où une offrande est faite. Les couleurs et les fleurs ne sont pas choisies, ni déposées par hasard. En effet, l’orientation des couleurs choisies a une signification bien spécifique, ainsi : les fleurs bleues ou vertes doivent être dirigées vers le Nord (symbole du Dieu Vishnou), les rouges vers le Sud (symbole du Dieu Brahma), les blanches ou roses vers l’Est (symbole du Dieu Iswara) et les jaunes vers l’Ouest (symbole du Dieu Mahadeva). Une petite pièce est ajoutée, afin de définir l’essence même de l’offrande. Comme un peu dans tout à Bali, même les plus petits détails ont un sens caché en lien avec le divin.

Canang Sari Bali

Nord-Sud-Est-Ouest… C’est quand même super pratique pour se repérer et savoir quelle direction prendre : vu qu’il y a des temples partout, il est impossible de perdre son chemin !

Les offrandes sont donc des vraies boussoles pour aider les gens perdu à retrouver le bon chemin…

 

 

– Dis-moi Agus, pourquoi il y a des offrandes par terre à l’entrée des temples, et aussi sur des petits autels ?

– Ah ben c’est très simple : sur les petits autels, en hauteur, elles sont dédiées aux Dieux. Alors que celles qui sont parterre, elles sont offertes aux démons, parce que pour nous, les 2 cohabitent. Donc au lieu de chasser les démons, on cherche plutôt à les apaiser : on les apprivoise en quelque sorte, un peu comme pour le renard dans le « Petit Prince ».

– Ah, tu connais aussi « Le Petit Prince », Agus ? (c’est bizarre, pourquoi je ne suis pas étonné ?)

– Oui, c’est l’aviateur Antoine de St Exupéry qui l’a écrit. C’est une belle histoire… Donc pour les démons, on ne cherche pas à les chasser, mais on les respecte autant que le Dieux, comme ça ils nous traitent bien aussi.

 

S’il y a bien longtemps les Balinais vivaient en tenue d’Adam (enfin ici on dirait plutôt : en tenue de « I Wayan Made Adam »… J’expliquerais une autre fois les noms des Balinais, pour mieux apprécier la blague…), lors des cérémonies dans les temples en revanche, ils se couvraient d’un sarong (sorte de pantalon, ou paréo) noué autour de la taille, par respect pour les Dieux lors de leur entrée dans le monde spirituel.

Si aujourd’hui, je vous rassure, tout le monde porte des vêtements sur l’ile (sauf certains étrangers sur les plages…), le port du sarong reste ancré dans tradition, et il est nécessaire de se protéger les jambes avant d’entrer dans un temple que l’on vienne prier, ou plus simplement le visiter.

 

Ce qui fait la spécificité de Tirta Empul, outre que le site est situé dans une nature magnifiquement luxuriante, se sont ses différents bassins alimentés par une source sacrée (Tirta signifiant « source »).

Dans le bassin principal, l’eau qui sort des entrailles de la terre donne l’impression d’être bouillonnante en remuant le sable volcanique qui s’agite en remous.

Tirta Empul Bassin 4

 

Ce bassin vient alimenter, au travers de 12 fontaines, un deuxième bassin rectangulaire creusé dans la roche. C’est dans ce bassin que les pèlerins viennent s’immerger en procession, en passant sous chacun des jets d’eau (sauf un jet, bien spécifique) car, selon la légende, les eaux de Tirta Empul ont des vertus médicales autant que purificatrices.

Ce qu’il y a de bien avec les légendes c’est qu’elles sont toujours terriblement réalistes et plausibles !

Bon d’accord, peut-être pas… Mais en tous cas fortement symboliques, elles ont au moins pour vertu d’ajouter un peu de magie et de poésie à notre monde. Et comme le disait Roald Dahl, « ceux qui ne croient pas en la magie, ne la verront jamais ». Si pour les Indonésiens la magie existe bien, il suffit de voir le nombre d’occidentaux qui viennent se mêler aux pèlerins pour se dire qu’ajouter un peu de mystère à notre monde devenu très (trop ?) matérialiste, est peut être nécessaire.

 

Tirta Empul Bassin 8

 

La Légende :

La légende de Tirta Empul puise sa source dans les combats épiques que se menaient les Dieux : ainsi, les soldats du Dieu Indra moururent empoisonnés par le Dieu des démons, Maya Danawa (sa fourberie n’a d’égale que la difficulté à prononcer son nom en ayant abusé d’Arak madu…). Indra, fort bien marri, mais bien loin de s’avouer vaincu (c’est un Dieu après tout !), usa d’un stratagème audacieux : il perça la roche de la montagne, d’où jailli une source magique qui ressuscitât ses soldats morts (quand je disais que c’était audacieux…) !

Ainsi, revenus à la vie et revigorés au point d’être devenus immortels, les soldats de l’armée rendue invincible a pu botter le c*l vaincre le Dieu des démons !

C’est ainsi que, depuis des centaines d’années les Balinais viennent se baigner pour demander toutes sortes de guérisons, autant physiques que spirituelles… Une sorte de retour aux sources donc !

Et comme pour illustrer la force et la vigueur que peut donner cette eau, on retrouve des statues et des symboles phalliques à quelques endroits du temple.

 

L’eau, comme dans beaucoup de civilisations d’ailleurs, est très importante dans la culture balinaise. Si la source de Tirta Empul a ressuscité des soldats et leur a donné des pouvoirs extraordinaires, la mer est elle aussi particulièrement importante : elle représente l’une des 2 résidences des Dieux et donc est un lieu de purification pour les Balinais. Elle a aussi pour vertu d’arrêter la magie noire.

La deuxième résidence des Dieux est la montagne… Si en Inde, la montagne sacrée, le mont Meru, se situe dans la chaîne himalayenne, à Bali c’est le volcan Agung qui fait office de résidence principale. Avec une résidence principale à la montagne et une résidence secondaire à la mer, il est bon d’être Dieu à Bali !

 

 

Agus : Donc tu vois, notre Tirta Empul, c’est un peu comme votre Lourdes à vous…

– Notre Lourdes, mais sans Bernadette Soubirous.

– Tiens, à propos de Saint, j’ai une question pour toi : C’est qui le Saint qui est venu jusqu’en Inde, en Indonésie et même au Japon au 16ème siècle ?

– Heuuuu, attends, heuuu, c’est pas St Christophe ?

– Non, lui c’est c’est le patron des automobilistes.

– Ben oui, c’est bien ce que j’ai dit, “c’est pas St Christophe”… (non, je ne suis pas de mauvaise foi, j’avais barré le point d’interrogation)

– Ben c’est St François Xavier ! C’est pour ça qu’ils ont donné son nom à la cathédrale de Kuta ! Et à propos, tu le trouves comment votre nouveau Pape ?

– …

Et le temps de passer par les petits magasins, véritables vendeurs du temple qui jalonnent le chemin jusqu’au parking (non sans avoir essayé de les gruger…), nous prenons la voiture pour partir en direction du temple suivant : Gunung Kawi.

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Et pour contacter Agus (Agus Yudiarta) lors d’un séjour à Bali, voici ses coordonnées :

– e-mail : coker_mthz@yahoo.fr

– numéro de téléphone : +62 812 368 89 36

– site web : http://baliagusvoyage.blog4ever.com

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