“Et ca continue Angkor et Angkor” (Merci Francis C.)

 

Suesdei Ami Lecteur.

 

Nous avons donc temporairement quitté la Thaïlande, pour ouvrir une petite parenthèse au Cambodge (d’où le « Suesdei » ci-dessus, qui veut donc dire, phonétiquement, « Bonjour » en cambodgien…).


(Etape du voyage : 1 jour à Bangkok1 jour à Ayutthaya2 jours à Bangkok3 jours à Chiang Mai – 1 jour à Chiang Rai2 jours à Sukhothai4 jours à Siam Reap3 jours à Kho Phi Phi – 3 jours à Krabi – 1 jour à Bangkok).

 

Avant de rejoindre le pays voisin, je passe la journée avec ma cousine, alors que mes compagnons de voyages ont préféré se lever à 4h pour prendre le temps de voyager différemment et relier les 400 kms qui séparent les 2 villes en bus (jusqu’à la ville de frontière : Poipet – prononcez « Poïepète »), puis en taxi privé.

C’est donc l’opportunité de visiter le Bangkok d’une « Thaï-addict » et de prendre le temps de me balader dans des coins un peu moins touristiques, en ajoutant au programme des visites, un peu de shopping dans des centres commerciaux thaïlandais qui n’ont visiblement rien à envier aux malls américains… ici aussi on trouve des petits autels dédiés à Bouddha, où les gens viennent déposer des offrandes et se recueillir dans les volutes parfumées des fumées d’ensens.

 

Siam Reap n’étant qu’à 1h30 d’avion de la capitale thaïlandaise, je rejoins le reste du groupe en fin d’après midi à l’hôtel où, comble du hasard (ou d’une organisation fantastique, ce dont je doute beaucoup plus), nous arrivons avec 5 minutes d’écart (incroyable, non ? moi, honnêtement ça m’épate !).

Si le trajet en avion n’offre rien d’exceptionnel (à part la vue depuis hublot : la terre, vue du ciel, propose toujours des panoramas fantastiques) et les procédures d’entrée sur le territoire cambodgien particulièrement simples (on peut acheter, pour 20 USD, le visa directement à l’arrivée), le trajet entre l’aéroport et le l’hôtel est un chouilla plus folklorique.

En effet, au Cambodge, le moyen de déplacement le plus démocratisé et familial est la mobylette. « Familial », car comme chez son voisin Thaï, il n’est pas rare de croiser 3, 4, voire 5 personnes sur le même vélomoteur. En fait, avec du recul, il est même rare de voir des deux roues avec 1 seule personne dessus !

Bref, tout cela pour dire (après cette remarque, la transition est prévisible) que c’est en mobylette que j’ai rejoint l’hôtel.

Et attention, le chargement : assis derrière le conducteur, les mains fortement serrées à l’arceau arrière, mon (gros) sac à dos trouve juste une place entre les jambes du conducteur. Son champ de vision, entre son casque et sa tête qui peine à dépasser du haut du sac, se trouve donc réduit à son strict minimum.

Le casque bien accroché sur ma tête (« yes sir, you must wear a helmet, it’s important ») et après un démarrage pour le moins hésitant (en zigzag à la recherche de l’équilibre) et quelques gouttes de sueur arrivées en bas du dos, nous nous insérons dans le trafic, direction la guesthouse situé en centre ville (« yes sir, I know where it is, huuum ok let me see your map… »).

 

Après 10 minutes à tourner dans le centre et à passer 3 fois devant le même bâtiment, mon chauffeur s’arrête face à un parasol sous lequel se tient assise une cambodgienne. Ainsi, à l’abri du soleil, elle loue ses services à la minute, les prix étant listés sur une affiche à côté d’elle… enfin, plutôt ce sont plutôt les services de son téléphone mobile. Incroyable : une cabine téléphonique ambulante ! C’est ainsi que Khim (ça fait un peu cliché comme prénom, mais bon), perdu dans le centre d’une petite ville qui est loin d’être un dédale, se résigne à appeler la Ghesthouse pour se faire préciser l’adresse… En fait, nous ne sommes qu’à 2 rues du point d’arrivée (heureusement, le prix de la course est fixe) !


Arrivés donc à Siam Reap vers 17h et délestés des bagages, nous décidons de visiter la ville.

Située à proximité du lac Tonlé Sap (pour info, le plus grand lac d’Asie), à environ 320 kms au nord ouest de Phnom Pehn, la ville est un mélange agréablement coloré d’architectures coloniales et khmer.

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Siem Reap, littéralement « défaite siamoise », fait référence à une bataille qui vit s’affronter les armées siamoises et khmères. Et compte tenu du nom, je ne préciserai pas le nom du vainqueur, faisant appel à votre habile esprit de déduction, cher ami lecteur… (Qui a dit les Siams ???)

Ce sont les thaïlandais (les anciens Siams) qui doivent être contents quand ils arrivent ici !

 

Visiblement, la ville s’est nettement développée ces dernières années, du fait de l’attrait touristique que représentent les temples d’Angkor, avec une large gamme d’hôtels, de restaurants, mais aussi des écoles et des formations reconnues, un aéroport international et hôpital moderne.

Les habitants, très souriants et accueillants (ils ont toujours un truc à vendre ou un service, payant, à proposer, mais jamais de façon trop insistante…), parlent parfois un peu français, sinon très bien l’anglais (ce qui tranche assez avec la Thaïlande) en particulier les enfants postés à l’entrée des temples (eux par contre sont beaucoup plus insistants pour vendre cartes, livres…).

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Bien que petite, la ville est en perpétuel mouvement : si le jour celle-ci est rendue à ses habitants, les touristes se pressant massivement visiter les temples d’Angkor, le soir tout le mo
nde se croise dans un tourbillon sonore et lumineux : entre les restaurants, bars à touristes et les marchés, où seuls les locaux osent acheter des insectes frits (et ceux qui ont perdu un pari, j’imagine), le long des trottoirs les discussions des piétons se mêlent à la cacophonie des sonnettes de vélo, klaxons associés aux accélérations des voitures et scooters. Les façades aux couleurs pastel en journée, prennent des teintes plus vives avec l’éclairage électrique à mesure que le soleil décline.

Il y a une petite originalité, assez sympathique : le soir, le quartier le plus touristique est fermé à la circulation. Ainsi, après une belle (longue) journée de visite, on peut à loisir se détendre aux terrasses des bars, dans un îlot rendu un peu moins bruyant.

Bruyant, ce n’est pas sûr en réalité… D’abord parce que, pour attirer les consommateurs, les bars rivalisent de décibels élevés, mais aussi parce que l’alcool n’étant pas cher, le niveau sonore des discussions s’élève progressivement (à mesure qu’elles baissent en intérêt).

 

Au Cambodge, la population est très jeune et à dominante féminine, puisqu’elles représentent 70% de la population et 60% a moins de 30 ans.

Une grande partie vit encore sous le seuil de pauvreté et souffre de problèmes de santé, en particulier la dengue et le paludisme (surtout dans les régions plus reculées du pays)… Et si les mines font moins de dégâts qu’avant, il n’est pas rare de croiser un adulte, un vieillard ou un enfant mutilé.

Et encore, Siam Reap étant la vitrine la plus touristique du Cambodge je ne pense pas que cela représente la réalité du pays. N’ayant pas visité d’autres lieux, ni la capitale, je ne ferai donc pas de généralité…

Cambodge 6413

 

Il faut dire que le passif est lourd pour ce peuple et le génocide organisé contre lui-même par ses dirigeants reste assez incompréhensible.

« Qu’ils me haissent, pourvu qu’ils me craignent » : en écho à Caligula quelques siècles après, Pol-Pot (leader des Khmers Rouges, et admirateur de Staline et Hitler, c’est dire quel grand démocrate il fut…) s’est appliqué à diriger son peuple de façon étonnante (!).

En effet : en 1975, l’accession au pouvoir de Saloth Sar (mieux connu sous le sobriquet de Pol Pot, pour « Politique Potentielle »… Personnellement, j’aurais utilisé plutôt « Salo-Par ») et de ses amis nourris d’idéaux communistes s’est traduite par la mise en place d’un régime de terreur, pour ne pas dire d’horreur

2 commentaires

  1. merci pour ce blog;intelligence des propos,de vraies qualités littéraire,les émotions de voyages nous arrivent directement au coeur puisqu’elles sont envoyées avec simplicité

  2. Bonsoir,

    Je viens de voir votre blog qui est je l’avoue très bien expliqué et imagé. J’ai voyagé avec lui 🙂

    Je suis bientôt diplomée en tant qu’éducatrice de jeunes enfants et je souhaiterai trouver des actions humanitaires auprès d’enfants afin de me faire une première expérience.

    Connaitriez vous des adresse sur place?

    Ou des contacts susceptible d’enrichir cette culture personnelle et professionnelle?

    Je vous remercie de vos réponses.

    Emmanuelle

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