“Et ca continue Angkor et Angkor” (Merci Francis C.)

 

Suesdei Ami Lecteur.

 

Nous avons donc temporairement quitté la Thaïlande, pour ouvrir une petite parenthèse au Cambodge (d’où le « Suesdei » ci-dessus, qui veut donc dire, phonétiquement, « Bonjour » en cambodgien…).


(Etape du voyage : 1 jour à Bangkok 1 jour à Ayutthaya2 jours à Bangkok3 jours à Chiang Mai – 1 jour à Chiang Rai2 jours à Sukhothai4 jours à Siam Reap3 jours à Kho Phi Phi – 3 jours à Krabi – 1 jour à Bangkok).

 

Avant de rejoindre le pays voisin, je passe la journée avec ma cousine, alors que mes compagnons de voyages ont préféré se lever à 4h pour prendre le temps de voyager différemment et relier les 400 kms qui séparent les 2 villes en bus (jusqu’à la ville de frontière : Poipet – prononcez « Poïepète »), puis en taxi privé.

C’est donc l’opportunité de visiter le Bangkok d’une « Thaï-addict » et de prendre le temps de me balader dans des coins un peu moins touristiques, en ajoutant au programme des visites, un peu de shopping dans des centres commerciaux thaïlandais qui n’ont visiblement rien à envier aux malls américains… ici aussi on trouve des petits autels dédiés à Bouddha, où les gens viennent déposer des offrandes et se recueillir dans les volutes parfumées des fumées d’ensens.

 

Siam Reap n’étant qu’à 1h30 d’avion de la capitale thaïlandaise, je rejoins le reste du groupe en fin d’après midi à l’hôtel où, comble du hasard (ou d’une organisation fantastique, ce dont je doute beaucoup plus), nous arrivons avec 5 minutes d’écart (incroyable, non ? moi, honnêtement ça m’épate !).

Si le trajet en avion n’offre rien d’exceptionnel (à part la vue depuis hublot : la terre, vue du ciel, propose toujours des panoramas fantastiques) et les procédures d’entrée sur le territoire cambodgien particulièrement simples (on peut acheter, pour 20 USD, le visa directement à l’arrivée), le trajet entre l’aéroport et le l’hôtel est un chouilla plus folklorique.

En effet, au Cambodge, le moyen de déplacement le plus démocratisé et familial est la mobylette. « Familial », car comme chez son voisin Thaï, il n’est pas rare de croiser 3, 4, voire 5 personnes sur le même vélomoteur. En fait, avec du recul, il est même rare de voir des deux roues avec 1 seule personne dessus !

Bref, tout cela pour dire (après cette remarque, la transition est prévisible) que c’est en mobylette que j’ai rejoint l’hôtel.

Et attention, le chargement : assis derrière le conducteur, les mains fortement serrées à l’arceau arrière, mon (gros) sac à dos trouve juste une place entre les jambes du conducteur. Son champ de vision, entre son casque et sa tête qui peine à dépasser du haut du sac, se trouve donc réduit à son strict minimum.

Le casque bien accroché sur ma tête (« yes sir, you must wear a helmet, it’s important ») et après un démarrage pour le moins hésitant (en zigzag à la recherche de l’équilibre) et quelques gouttes de sueur arrivées en bas du dos, nous nous insérons dans le trafic, direction la guesthouse situé en centre ville (« yes sir, I know where it is, huuum ok let me see your map… »).

 

Après 10 minutes à tourner dans le centre et à passer 3 fois devant le même bâtiment, mon chauffeur s’arrête face à un parasol sous lequel se tient assise une cambodgienne. Ainsi, à l’abri du soleil, elle loue ses services à la minute, les prix étant listés sur une affiche à côté d’elle… enfin, plutôt ce sont plutôt les services de son téléphone mobile. Incroyable : une cabine téléphonique ambulante ! C’est ainsi que Khim (ça fait un peu cliché comme prénom, mais bon), perdu dans le centre d’une petite ville qui est loin d’être un dédale, se résigne à appeler la Ghesthouse pour se faire préciser l’adresse… En fait, nous ne sommes qu’à 2 rues du point d’arrivée (heureusement, le prix de la course est fixe) !


Arrivés donc à Siam Reap vers 17h et délestés des bagages, nous décidons de visiter la ville.

Située à proximité du lac Tonlé Sap (pour info, le plus grand lac d’Asie), à environ 320 kms au nord ouest de Phnom Pehn, la ville est un mélange agréablement coloré d’architectures coloniales et khmer.

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Siem Reap, littéralement « défaite siamoise », fait référence à une bataille qui vit s’affronter les armées siamoises et khmères. Et compte tenu du nom, je ne préciserai pas le nom du vainqueur, faisant appel à votre habile esprit de déduction, cher ami lecteur… (Qui a dit les Siams ???)

Ce sont les thaïlandais (les anciens Siams) qui doivent être contents quand ils arrivent ici !

 

Visiblement, la ville s’est nettement développée ces dernières années, du fait de l’attrait touristique que représentent les temples d’Angkor, avec une large gamme d’hôtels, de restaurants, mais aussi des écoles et des formations reconnues, un aéroport international et hôpital moderne.

Les habitants, très souriants et accueillants (ils ont toujours un truc à vendre ou un service, payant, à proposer, mais jamais de façon trop insistante…), parlent parfois un peu français, sinon très bien l’anglais (ce qui tranche assez avec la Thaïlande) en particulier les enfants postés à l’entrée des temples (eux par contre sont beaucoup plus insistants pour vendre cartes, livres…).

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Bien que petite, la ville est en perpétuel mouvement : si le jour celle-ci est rendue à ses habitants, les touristes se pressant massivement visiter les temples d’Angkor, le soir tout le mo
nde se croise dans un tourbillon sonore et lumineux : entre les restaurants, bars à touristes et les marchés, où seuls les locaux osent acheter des insectes frits (et ceux qui ont perdu un pari, j’imagine), le long des trottoirs les discussions des piétons se mêlent à la cacophonie des sonnettes de vélo, klaxons associés aux accélérations des voitures et scooters. Les façades aux couleurs pastel en journée, prennent des teintes plus vives avec l’éclairage électrique à mesure que le soleil décline.

Il y a une petite originalité, assez sympathique : le soir, le quartier le plus touristique est fermé à la circulation. Ainsi, après une belle (longue) journée de visite, on peut à loisir se détendre aux terrasses des bars, dans un îlot rendu un peu moins bruyant.

Bruyant, ce n’est pas sûr en réalité… D’abord parce que, pour attirer les consommateurs, les bars rivalisent de décibels élevés, mais aussi parce que l’alcool n’étant pas cher, le niveau sonore des discussions s’élève progressivement (à mesure qu’elles baissent en intérêt).

 

Au Cambodge, la population est très jeune et à dominante féminine, puisqu’elles représentent 70% de la population et 60% a moins de 30 ans.

Une grande partie vit encore sous le seuil de pauvreté et souffre de problèmes de santé, en particulier la dengue et le paludisme (surtout dans les régions plus reculées du pays)… Et si les mines font moins de dégâts qu’avant, il n’est pas rare de croiser un adulte, un vieillard ou un enfant mutilé.

Et encore, Siam Reap étant la vitrine la plus touristique du Cambodge je ne pense pas que cela représente la réalité du pays. N’ayant pas visité d’autres lieux, ni la capitale, je ne ferai donc pas de généralité…

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Il faut dire que le passif est lourd pour ce peuple et le génocide organisé contre lui-même par ses dirigeants reste assez incompréhensible.

« Qu’ils me haissent, pourvu qu’ils me craignent » : en écho à Caligula quelques siècles après, Pol-Pot (leader des Khmers Rouges, et admirateur de Staline et Hitler, c’est dire quel grand démocrate il fut…) s’est appliqué à diriger son peuple de façon étonnante (!).

En effet : en 1975, l’accession au pouvoir de Saloth Sar (mieux connu sous le sobriquet de Pol Pot, pour « Politique Potentielle »… Personnellement, j’aurais utilisé plutôt « Salo-Par ») et de ses amis nourris d’idéaux communistes s’est traduite par la mise en place d’un régime de terreur, pour ne pas dire d’horreur pour les 7 millions de Cambodgiens…

 

Mais qui étaient Pol Pot et les Khmers Rouges ?

—- (Petit) aparté.

Né en 1928 au sein d’une famille paysanne aisée et après avoir suivi un enseignement bouddhique, le jeune Saloth Sar fut envoyé par le gouvernement suivre des études de radio-électricité à Paris de 1949 à 1953 (après avoir participé à des mouvements anti-Français en Indochine… quelle ironie l’Histoire, tout de même !). C’est donc dans la capitale des lumières qu’il fut illuminé par l’idéologie marxiste, plus passionnante que ses études, et fit connaissance certains de ses plus fidèles compagnons.

De retour au pays et devenu professeur de Français, il entra au Parti Communiste Cambodgien. Après une série d’émeutes, pourchassé par la police il s’enfuit dans la jungle cambodgienne où, avec l’appui de Mao Zedong, il prit la tête de groupes de guérillas. Faisant suite à la guerre du Vietnam, une guerre civile éclata dans le pays, ce qui lui permit de renverser le roi Sihanouk en 1975 : le 17 avril, les Khmers rouges conquièrent la capitale. Et là, c’est le drame…

Tout commence par l’évacuation totale de Phnom Penh : du jour au lendemain, plus de 2 millions de personnes furent déportées, semant ici et là les premières victimes du nouveau régime.

La ville, déserte, est alors saccagée et pillée par quelques révolutionnaires.

La population est alors triée en 3 catégories : les militaires (qui seront exécutés), les fonctionnaires et intellectuels (mis à l’écart dans des villages spéciaux), et le Peuple, soit le reste de la population forcé de rejoindre son village natal et de travailler dans les champs, dans des conditions proches de l’esclavage.

La société est organisée sur le modèle d’une armée. Les religions sont interdites, les mariages forcés et fait « au hasard », les médecins chassés (petite précision : toute personne ayant fait des études est considérée comme suspecte), les médicaments réservés à une élite et les éxécutions se multiplient (et pour économiser des balles, on utilise d’autres instruments) : les jeunes avec des cheveux longs, des personnes avec des lunettes (considérés comme étant des intellectuels, donc dangereux pour le pouvoir… pourtant, ça se saurait si les gens à lunette étaient des intellos, écoutez une interview de Christophe Willem !), critiquer le pouvoir (l’Angkar) et d’autres critères incohérents…

« Il faut purifier les villages des souillures impérialistes, capitalistes, coloniales et féodales »…

Ainsi, tout ce qui est en rapport avec l’ancienne société – considérée comme décadente – doit être abandonné : automobiles, radio et même les vêtements de couleur, les hôpitaux, l’eau courante… ça devient du grand n’importe quoi : retour à la case pré-histoire !

Des tortures (d’une imagination débridée – c’est le cas de le dire – qui, par leur barbarie, questionnent sur la sauvagerie humaine !) sont régulièrement infligées aux prisonniers et aux suspects, selon le principe bien établi : « Il vaut mieux tuer un innocent que de garder en vie un ennemi ».

En à peine 4 ans, plus de 300 000 personnes furent torturées et exécutées, et plus de 2 millions moururent de privations et de maladies qui en découlèrent.

 

Un musée a été d’ailleurs été créé à Phnom Pehn, dans une ancienne école devenue centre de détention des Khmers Rouges : le tristement célèbre Tuol Sleng S21 ; pour plus de détails (vu que je ne l’ai pas visité), je vous invite à consulter les blogs de Thibault et/ou de Tiphaine… 

 

La haine des Khmers Rouges à l’égard des Vietnamiens est à l’origine de leur perte, puisqu’en 1978, l’armée vietnamienne, découvre les horreurs pratiquées contre le peuple cambodgien en envahissant le pays, chasse les Khmers Rouges aux frontières du pays et mettent en place un nouveau régime.

Les Khmers Rouges s’organisent en guérilla et disposent alors des mines anti personnel un peu partout dans le pays, en particulier dans les rizières. But de l’opération : les paysans ne peuvent plus aller cultiver le riz, sous peine de sauter sur une mine. Sans riz, le peuple ne peut plus se nourrir, ce qui devrait conduire à des insurrections pour renverser les dirigeants… Machiavélique n’est-ce pas ? 

Les Vietnamiens ne souhaitant pas coloniser le pays, c’est donc le peuple seul qui va en pâtir (comme d’habitude me direz-vous) : aux mutilés s’ajoutent la famine de tout un peuple…

Et ce n’est qu’en 1991 que l’ancien prince Sihanouk revient triomphalement, soutenu par l’ONU pour tenter de reconstruire le pays.

Pol Pot en fuite (et condamné à mort par contumace) ne sera arrêté qu’en 1997, jugé puis condamné à la prison à vie par ses anciens compagnons ( !?), il décédera dans des circonstances plutôt étranges.

Et pourtant aujourd’hui encore le pouvoir politique semble instable et le procès contre les anciens Khmers Rouges est toujours remis aux calendes grecques… Même si s’est tenu récemment le procès de « Douch » (de son vrai nom Kang Kek Leu ou Kaing Guek Eav), l’ancien responsable du centre Tuol Sleng S21 où périrent 14 000 personnes (enfants compris).

—- fin de l’aparté (pas si petit que ça finalement…).

  

Accueillants, aimables, serviables (même si tout se monnaie), par leur comportement les Cambodgiens donnent l’image d’un peuple dynamique, positif, désireux de tourner la page de leurs années sombres et de s’ouvrir au tourisme. Et si cette période semble encore tabou pour beaucoup (lorsqu’on aborde le sujet, ils répondent de façon polie et et évasive ou plutôt pudique), celle-ci semble continuer de les hanter (qui leur reprocherait d’ailleurs), comme si les fantômes du passé faisaient planer une sorte de mélancolie au fond de leur regard. Probablement parce que, bien que repentis, les mêmes fantômes continuent de s’agiter aux plus hauts sommets d’un état malheureusement fortement corrompu.

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En parlant de tourisme (et pour revenir à des choses un peu plus légères), le but de notre venue à Siam Reap est de découvrir l’une des 7 merveilles du monde, site classé au patrimoine mondial de  l’UNESCO : les fabuleux Temples d’Angkor (oui, je mets un T majuscule, parce que c’est vraiment grandiose) !

Afin de mieux apprécier le khmerveilleux site d’Angkor (quel jeu de mot subtil ! Ok, il n’est pas de moi…) et d’optimiser les 2 jours de visite, nous nous offrons les services d’un guide francophone. Et pour se rendre de Siam Reap à Angkor – et surtout de se déplacer d’un temple à l’autre – nous engageons 2 chauffeurs de tucks-tucks ; ce qui n’est pas le plus compliqué, car nous sommes régulièrement sollicités. En revanche, ce qui est plus dur : négocier le prix en anglo-cambodgien…

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Selon les dernières études, le site total s’étendait sur près de 3000 km² ou résidaient plus de 700 000 habitants.

Les différents temples de l’ancienne capitale Khmer (il y en a plus d’une centaine et d’après les archéologues, tous ne sont pas découverts !) sont disséminés au milieu d’une fantastique forêt tropicale, dense, verte, odorante (surtout après la pluie) et bruyante (ah, la douce mélopée des cris des singes), voire… Humide !

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Ainsi les procédures d’entrées réalisées, nous avançons en direction des premiers temples du site, croisant des marchands en bord de route, mais aussi des éléphants, des moines bouddhistes parés de leur toge orange…

Doucement, au rythme du tuck-tuck, la dense forêt, dont les arbres semblent toucher le ciel, nous laisse découvrir ses trésors et déjà les premières pierres se distinguent des silhouettes des arbres. Nous entrons enfin sur le site en passant par une haute porte en pierre, sous le regard bienveillant de Bouddhas souriants sculptés au sommet des édifices.

 

Ici le grandiose se confond avec la démesure, et le mélange rouge de la terre, le bleu du ciel (ou gris selon les heures) et le vert humide de la forêt ajoutent des touches de couleur aux différentes constructions.

Et le soleil, pénétrant au travers des épaisses feuilles, vient éclairer les fresques des mures et par les jeux d’ombre semble donner vie aux différents personnages, à la faveur de la brise légère dans les branches.

Angkor est vraiment un site étonnant : mystérieux (les spécialistes n’ont toujours pas percé tous les secrets des temples et de l’ancienne capitale), saisissant, complexe de par son architecture et ses évolutions, raffiné (avec de magnifiques sculptures), sophistiqué (en particulier les systèmes d’irrigation), et souvent difficile à appréhender par tant de différence culturelle.

Tout est magnifique : même les plus petits temples sont majestueux nous laissant sans voix (c’est tout dire !!!) un vrai coup de cœur, une claque !

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Impossible de décrire simplement l’émotion qui nous envahit lorsque nous déambulons au milieu des ruines sous (et au dessus, parfois) les banyans, palmiers et fromagers, l’arbre aux larges racines ancrées sur les ruines.

On se sent l’âme d’un Indiana Jones avide d’aventures et à chaque découverte, on est un peu plus émerveillé, tel un enfant devant un arbre de Noël entouré de cadeaux plus grands que lui.

 

C’est magique, majestueux (ah, je l’ai déjà dit…), émouvant et… Beau !

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Seul petit bémol : parfois, l’accès aux temples n’est pas des plus aisé.

Non pas que de féroces animaux, de mines encore enfouies, ou d’épaisses lianes nous empêchent de passer, c’est plutôt qu’à chaque fois que nous quittons notre tuck-tuck en direction d’un site, une nuée de vendeurs – et en particulier des enfants (dont la maitrise de l’anglais est tout simplement impressionnante) – s’approche de nous pour vendre des cartes postales, des livres copiés (en toutes langues, dont des Lonely Planet), des pliages, et je ne sais quoi d’autre encore.

Ils sont très forts pour vous accoster et vous regarder avec des “yeux de Bambi” en plus !

Donc, ami lecteur, s’il vous vient la – bonne – envie de visiter Angkor, armez-vous donc de machettes pour faciliter l’accès à chacun des temples !

En revanche, ce fut l’occasion de goûter une spécialité locale : du riz gluant au lait de coco cuit dans une tige de bambou ! Un régal !

 

Mais qu’est-ce que c’est t’il donc que les temples d’Angkor (une merveille de la grammaire française cette phrase…) ?

Alors qu’au même moment, en France, les Parisiens se pressaient pour admirer l’édification de leur future grande cathédrale Notre Dame, le peuple Khmer construisait « la ville-pagode » Angkor Wat, à deux pas du plus grand lac d’Asie du Sud Est, avec d’ingénieux systèmes de canalisation d’eau pour alimenter la cité.

Si les premiers temples furent érigés au 9è siècle (et encore : il parait que certaines sépultures trouvées sur place datent de 1800 ans avant Jésus-Christ…) avec l’apparition du symbolique Mont Meru (lieu où séjournent les Dieux de la mythologie hindouiste) dans les bâtiments (la forme conique retrouvée un peu partout, y compris sur le drapeau), puis la construction d’Angkor Wat (début du 12è siècle), c’est sous le règne de Jayavarman VII (à partir de 1181, quand il bouta les Chams hors d’Angkor) que la cité connut un développement impressionant (et en établissant le bouddhisme comme religion d’état) !

(OK, j’arrête avec les parenthèses…)

 

Différents temples sortirent de terre : le Bayon, le Ta Prohm, le Preah Khan, dont les tours sont ornées d’immenses visages souriants du Bouddha ; la cité d’Angkor Thom qui habrita jusqu’à 100 000 personnes.

Ainsi, jusqu’à la chute et l’abandon de la capitale vers 1431, et avant que la nature ne reprenne progressivement possession des lieux, plus d’une centaine de temples et palais furent construits.

Mais d’autres constructions notables furent entreprises, dont les fameuses Terrasse aux Elephants et Terrasse du Roi des Lepreux, mais aussi les « baray », ces ingénieux réservoirs d’eau, collecteur d’eau en période de forte pluie – pour éviter les inondations – et qui alimentaient la cité en eau lors de la période sèche.

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Parmis les principaux sites visités, voici une présentation sommaire des plus notables :

 

Angkor Wat (ou Vat) : le temple « montagne » (à cause des dômes en quinconce symbolisant le Mont Meru) entièrement dédié à Vishnou, Dieu suprème de l’hindouisme, avant d’être dédié au bouddhisme. Il est entouré de douves que surplombe une longue enceinte (1500m sur 1300m), qui symbolise la chaine de montagne enserrant le mont Meru.

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Une fois franchis la porte principale, un chemin de 350m sépare l’entrée principale du mur d’enceinte à celle du temple. Ce chemin est longé par deux balustrades en forme de serpent à 7 têtes (le mythique « naga »).

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Des bassins situés de part et d’autre du chemin, voient se réfleter l’entrée du temple (quand je disais qu’ils savaient gérer les écoulements des eaux…), le tout présente un ensemble très harmonieux bien que gigantesque.

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Au rez de chaussé, les murs sont gravés de représentations de scène mythiques, racontant, entre autre, le fameux amritamanthana ou « barattage de la mer de lait » – dont l’explication est donnée plus bas, si vous avez le courage d’y parvenir – ainsi que les conquêtes des Dieux hindous, (Rama, Sita, Civa et autre Krishna… D’ailleurs si quelqu’un a un résumé clair des relations entre les différents dieux, avec les ré-incarnations et le Bouddha, je suis preneur, car c’est incompréhensible !).

Puis, en prenant des escaliers assez raides (et un peu glissant… si peu !), on accède au sanctuaire, disposé sur plusieurs terrasses en étage, avec de petits autels, des cours intérieures, bref un vrai dédale situé en plein coeur d’Angkor Wat.

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A 1,7 km de la porte d’Angkor Wat, on trouve la « grande ville royale » j’ai nommé : Angkor Thom.

La cité d’Angkor Thom, immense carré de 10 km² de superficie, se trouve protégée par un rempart de12 kms de long et haut de 8 mètres. Au milieu de chaque mur, se trouve une porte monumentale (sauf à l’Est, où il y en a 2 : la porte de la Victoire et la porte de la Mort) haute de 23m, que surplombent 4 visages de Bouddha souriant (un vers chaque direction).

Et parce que les murs sont à l’aplomb de douves de 100m de larges, l’accès aux portes se fait par des passerelles bordées de Nagas.

Au centre du carré, les portes sont reliées entre elles par 2 chemins perpendiculaires qui se croisent, juste pile là où se trouve un grand temple : le Bayon, dans lequel on trouvait le fameux jambon de Bayon !

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Le Bayon, ou «  la montagne magique », possèdait 54 tours représentant les 54 provinces Khmers, chacune ornée de 4 visages, selon les 4 points cardinaux et illustrant les vertues du Bouddha (l’humeur égale, la sympathie, la pitié et l’égalité). On y trouve aussi de superbes bas-reliefs ou sont représentés plus de 10 000 personnages (tous corps de métiers confondus).

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 Ah non, cela n’a en fait rien à voir avec le jambon…

Sinon, on y trouve d’autres constructions remarquables telles que :

La terrasse des éléphants : terrasse de 350m aménagée en bordure du palais royal pour assister aux spectacles. Elle doit son nom aux statues d’éléphants qui encadrent les escaliers et que l’on retrouve dans les bas reliefs de la terrasse (et une rembarde symbolisant aussi le Naga).

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– La terrasse du roi lepreux, dans le prolongement de la précédente

– Le Ta Phrom : un des plus grands temples de l’époque (60 hectares !), abritant 260 divinités ou résidaient 12600 personnes. L’atmosphère du lieu est magique, en particulier par la présence des fromagers géants qui se sont développés sur les ruines du temple…

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– Le palais royal, derrière les terrasses, avec ses chambres, ses salles de fêtes, ses piscines…

 

Et si la découverte d’Angkor et de ses trésors était la motivation première pour découvrir le pays, l’empreinte laissée par ses habitants et ce que peut offrir le pays est un bel alibi pour y revenir !

Enfin, ce sera pour plus tard, car après ces 2 jours à jouer les apprentis explorateurs, nous reprenons l’avion, direction le sud de la Thaïlande et ses plages paradisiaques : Phuket, puis bateau jusqu’à Koh Phi Phi !

 

 

Et guise de petit digestif culturel, puisque je sens qu’une question vous tient en haleine (outre « Mais où est Vishnou sur les fresques des temples d’Angkor ? ») : que signifie le « barattage de la mer de lait » ?

Attention, c’est une belle histoire…

 

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine (oup, je me suis trompé d’introduction)…

Depuis des temps immémoriaux, les Devas (« êtres de lumière en sanskrit, ou Dieux plus simplement) et les Asuras (par opposition, les Démons) s’affrontaient mortellement (oui, il n’y avait pas d’immortalité à l’époque) dans le but, ô combien original, de : Maîtriser le Monde !

Alors que les Asuras prirent le dessus (forcément, ce sont des démons, alors ils sont fourbes, malhonnêtes, voire avocats ou hommes politiques !), les Devas, se dirent qu’en devenant immortels, et bien ils seraient invincibles et que du coup ils gagneraient !

Ils demandèrent alors assistance à Vishnou (le Dieu suprême), pour leur fournir la potion magique.

Vishnou, dans sa grande sagesse leur proposa de le faire eux même et d’unir leurs forces pour « baratter la mer de lait » pour extraire le nectar d’immortalité : l’Amrita !

 

Je ne sais pas vous, mais personnellement, je n’irais pas demander de l’aide à Vishnou, si je devais vaincre un ennemi : non seulement il ne te file pas le truc, mais en plus il faut s’allier avec son ennemi pour l’obtenir !

 

Mais comment faire pour obtenir ce fantastique breuvage ?

Tout d’abord posséder une grosse marmitte ! Qu’à cela ne tienne : le mont Mandara fut soulevé et renversé, afin de former un gros récipient, et reposé sur la tortue Kûrma, un des avatars de Vishnou.

Et quels sont les ingrédients ?

Ils y versèrent alors la mer de lait et ajoutèrent des herbes « magiques » (m’est avis qu’ils devaient les fumer les dites-herbes !).

Une fois tout cela fait, ils enroulèrent autour du mont retourné, le serpent Vâsuki, le roi des Naga. Et, alors que certains saisirent la queue, les autres prirent la tête pour tirer alternativement et faire tourner le mont sur lui-même et ainsi : baratter la mer et ses herbes magiques.

Et le tout sans se faire mordre pas le serpent, lequel avait quand même 7 têtes !

Balèze les bgonzes quand même !

 

Ce n’est qu’au bout de 1000 ans à tourner et tourner et tourner et… qu’apparurent des choses extraordinaires, qui témoignent de la création du monde : un poison violent (rapidement bu par Shiva pour éviter que les hommes ne le prennent par erreur, mais dont serpents et scorpions eurent quelques restes, à l’origine de leur venin), une vache d’abondance, l’arbre du paradis, la lune (que Shiva utilisa en ornement à son front), un cheval blanc, un éléphant blanc, la déesse du vin, des nymphes, un i-Pad, des lunettes 3D, un programme pour le PS (non, je déconne !)… et surtout : le médecin des Dieux (apparament un autre avatar de Vishnou), avec dans ses mains : la coupe pleine du nectar d’immortalité !

Tadaaaaaaa….

 

Mais parce que les démons, sont… heuuu… démoniaques (?), ces félons s’en emparêrent par la ruse ! (alors ça c’était pas prévisible dites donc !)

Vishnou se métamorphosa en une superbe femme appelée… ah mince, c’est comment déjà… ça fini par un « i »… Carla Bruni (mais en jeune, alors !), non, c’est pas ça… Monica Bellucci ?… non plus…Alice Taglioni, Keira Knightley, Kelly Reilly, Elsa Pataky, Angelina Jolie, …Mais heuuu… ah oui : Mohini !

Les Démons – et c’est humain, en fait – ne savaient plus où donner de la tête, totalement hypnotisés par la beauté de cette femme (en même temps, dans les représentations, ils ne sont vraiment pas beaux !).

Vishnou leur piqua la potion et la remit aux Devas qui devinrent alors immortels et précipitèrent les Démons au fin fond des enfers ! (sans blague, il ne pouvait pas leur filer immédiatement Vishnou ! tout ça pour ça…Il est d’un compliqué !).

C’est donc depuis que les femmes sont fourbes, calculatrices et manipulatrices alors ??? Tout s’explique ! Merci la mythologie indienne !

En récupérant la potion de vie éternelle, Vishnou, un peu maladroit renversa quelques gouttes sur des villes en Inde ce qui eu pour effet, non pas de rendre les habitants immortels, mais des hauts lieux de pèlerinage (j’y comprends plus rien…).

 

En résumé : Vishnou répondit au caprice des Dieux et fit un fromage (oui, il est tard…) !


Petite anecdote complémentaire : le démon Rahu eut le temps de goutter au nectar et depuis il avale parfois la lune et le soleil… il est donc à l’origine des eclipses.

 

Et voilà, je n’avais pas raison de
dire que c’est une bien belle histoire?

 

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2 commentaires

  1. merci pour ce blog;intelligence des propos,de vraies qualités littéraire,les émotions de voyages nous arrivent directement au coeur puisqu’elles sont envoyées avec simplicité

  2. Bonsoir,

    Je viens de voir votre blog qui est je l’avoue très bien expliqué et imagé. J’ai voyagé avec lui 🙂

    Je suis bientôt diplomée en tant qu’éducatrice de jeunes enfants et je souhaiterai trouver des actions humanitaires auprès d’enfants afin de me faire une première expérience.

    Connaitriez vous des adresse sur place?

    Ou des contacts susceptible d’enrichir cette culture personnelle et professionnelle?

    Je vous remercie de vos réponses.

    Emmanuelle

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