La plongée à Bali, “somewhere, beyond the sea”…

Selamat “bubulles”,

 

Bali est connue des surfeurs du monde entier pour ses magnifiques vagues, c’est un fait.

Mais les fonds sous-marins de l’ile des Dieux offrent une superbe opportunité de découvrir une faune et une flore non moins extraordinaire (ouh la : « magnifique », « superbe » et « extraordinaire » dans la même phrase… cet article semble commencer sous le signe de l’exagération, ou à peine…) !

“Fonds sous-marins”, “bubulle” (une “bonne” vanne, qui atteint des profondeurs, à défauts de sommets…) et le titre “Somewhere beyond the see”, de Franck Sinatra (la version américaine de “La Mer” de Charles Trenet), vous l’aurez compris : je vous emmène sous l’eau dans cet article !

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Dans le sud de Bali, la plupart des clubs de plongées sont situés à Sanur – « la ville des retraités » (comme disent certains français) – et qui est située à seulement 20 minutes en voiture de Kuta (hors embouteillages).

Parmi les clubs, il en existe un créé par le français Jérôme Perrussel en 1996, Atlantis International avec lequel je pars régulièrement (et encore, pas assez) explorer la richesse des fonds sous-marins des côtes balinaises et des iles proches : Nusa Penida et Nusa Lembongan.

Sans vouloir faire de publicité (Atlantis marche déjà très bien sans moi…), mais pour faire une brève présentation : le club est super professionnel, avec une équipe aux petits soins, du matériel très bien entretenu, des plongées en petites palanquées et non pas par cohortes de 800 plongeurs (comme dans d’autres clubs déjà expérimentés), un service sur mesure, ce qui fait qu’on est vraiment en sécurité (ndr : tu es rassurée Maman ?)… et surtout : tout le monde est toujours content de vous voir arriver et de plonger avec vous !

Ce qui est tout de même très agréable, surtout qu’il faut se lever super tôt pour aller plonger (et se lever tôt lors de ses jours de repos, c’est pour moi presque aussi douloureux que de se faire arracher une dent sans anesthésie) !

Effectivement il faut arriver tôt au centre, car lors d’une sortie on part faire 2 voire 3 plongées (et “plus il y a de bulles, plus il y a de plaisir” comme le dit un proverbe champenois). Il faut donc arriver en avance afin de préparer le matériel (en réalité, c’est plutôt discuter avec tout le monde, pendant que l’équipe s’affaire à vous le préparer), prendre un café ou un thé, remplir les papiers, faire connaissance avec les instructeurs et les autres plongeurs de la palanquée, avant de partir soit en bus (vers Tulamben, Amed…), soit en bateau (vers les iles « Nusa »).

 

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Ainsi, depuis Sanur, plusieurs sites sont accessibles (enfin, ceux que j’ai faits) :

– Tulamben que l’on rejoint après 2 heures de route (ce qui est pas mal pour faire une petite sieste avant de plonger et de une petite sieste au retour, lors de la désaturation… oui, la plongée est un vrai sport !), laquelle serpente entre les rizières en terrasse (y’a pas à dire, on ne se lasse pas de ces paysages) et traverse de jolis petits villages bien typiques

– les iles Nusa Penida et Nusa Lembongan.

 

Tulamben propose de belles plongées accessibles directement depuis la plage – une plage de cailloux par contre – donc pas très confortable pour les pieds… il faut voir comment j’évolue avec grâce, le lourd matériel sur le dos, alors que les vagues cassent au niveau des chevilles… Je suis super à l’aise ! Vivement l’immersion…). Les sites sont notamment sur une épave (le USS Liberty) ou encore un beau tombant riche en coraux accrochés sur de la roche noire volcanique (l’effet est impressionnant).

En plus d’être un beau site de plongée, le « USS liberty » a une histoire pour le moins étonnante :

Il s’agit d’un bateau de guerre américain, long de 120 mètres, qui a été torpillé par les japonais en janvier 1942. Le navire, éventré en son flanc, a pu cependant regagner la côte au niveau du port de Tulamben, permettant ainsi de sauver les hommes et la cargaison qui se trouvaient à son bord. Seul sur la plage, les yeux dans l’eau, son rêve était trop beau (heuuuu pardon !)… Abandonné et vidé il reste échoué sur la plage, jusqu’en 1963, année durant laquelle une violente éruption du mont Agung (le plus haut volcan de Bali, situe à l’est de l’ile) le repousse dans la mer, ou il repose désormais en paix, entre 10 et 30 mètres de profondeur.

En paix, enfin presque, puisqu’il a depuis été colonisé par de nombreuses espèces vivantes sous-marines (coraux, poissons, nudibranches et donc plein de vie et de couleurs) et qu’il est visité quotidiennement par des hordes de plongeurs.

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En revanche, pour rejoindre Nusa Penida et Nusa Lembongan, il faut prend le bateau au départ de Sanur. Une fois le matériel et les plongeurs à bord, on quitte la baie, puis le capitaine immobilise le bateau, le temps que le staff balinais fasse des offrandes à la mer, histoire de s’assurer une bonne navigation et de belles plongées. Une fois la prière faite, nous reprenons la traversée (plus ou moins houleuse) pendant 45 minutes environ, pour rejoindre les iles.

Plusieurs sites sont accessibles : dont certains avec des noms qui appellent déjà au désir de s’immerger : Crystal Bay, Manta point, Blue Corner, ou encore qui étonnent comme : PED…

 

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Situé sur la côte nord de Nusa Penida, PED est un site vraiment très beau, qui si on maitrise bien sa consommation (et en fonction du courant), rejoint un autre site au moins aussi beau appelé SD. L’exploration du site, entre 40 et 20 mètres, offre une riche variété de poissons, de gorgones, d’éponges et des récifs coralliens aux formes improbables, mais surtout riches en couleurs et en vie. Les poissons de récifs coralliens côtoient  des poissons pierre, des serpents « tricorayés » ou encore des  poulpes capables de changer de couleur à foison, dont un superbe bleu turquoise (la nature est vraiment étonnante) ! Des bancs de carangues, de priacanthes, de chirurgiens bagnard (avec des rayures façon prisonniers sortis) et de murènes plus ou moins timides croisent des raies aigles et des tortues qui s’éloignent le long du récifs coralliens très riches et surtout bien entretenus !

La féérie est multicolore : rouge, bleu, verte, orange. On en sait où donner de la tête !

 

Le courant aide à évoluer le long du site et peut être un super allier pour aider à survoler sans efforts les paysages sous-marins splendides. Mais par endroit il peut devenir très fort d’un seul coup, avant de se calmer… cela rend assurément la plongée plus sportive !

 

Les autres spots de plongées intéressants sur Nusa Penida sont Manta Point et Crystal Bay.

Le premier tire son nom du fait que c’est une station de nettoyage des Raies Manta. Bien que les Mantas soient des animaux pélagiques, elles peuvent aussi se rapprocher des récifs et dans des baies plus calmes (souvent les stations de nettoyage), et évoluer dans des eaux moins profondes, ce qui est donc le cas de Manta Point, ou l’on peut les observer entre 10 et 15 mètres…

Si la visibilité est parfois un peu limitée dans une eau émeraude, c’est parce qu’elle est riche en plancton, dont se régalent les raies mantas, en plus de venir se faire nettoyer. Par contre, ce qui surprend, c’est que l’eau peut descendre à 17-18 degrés (j’aurais dû me méfier quand j’ai vu Putu, le moniteur balinais, mettre sa cagoule) se nourrir de plancton (l’eau est donc un peu trouble parfois) et tournent autour d’un rocher principal.

Et comme les raies aiment vivre en groupe, on peut se retrouver entoure d’un ballet de 5 à 6 raies qui semblent danser autour de nous. Alors qu’elles sont en général noire ou grise (sur le dessus) et blanche (au-dessous), nous avons eu la chance d’en observer une rare : entièrement noire.

Raie Manta
Ballet de raies

En maintenant une bonne stabilité, elles arrivent à passer tout proche des plongeurs, à condition bien sûr de ne pas faire de grosses bulles, ce qui risquerait de les effrayer. Les raies Manta, de la même famille que les requins, évoluent sous l’eau avec grâce et majesté. C’est toujours un spectacle magique et impressionnant, quand l’une d’elle s’approche de vous la bouche ouverte et ses 2 cornes céphaliques bien écartées de part et d’autre pour manger le plus de plancton possible, puis vous évitent d’un petit battement d’aile. C’est magique !

 

 

Mais pourquoi se faire nettoyer me direz-vous, alors qu’ils passent leurs temps dans l’eau ? Et surtout : qu’est-ce qu’une station de nettoyage ?

Bien loin d’une station du genre de l’éléphant bleu (ou plutôt l’hippocampe bleu, on est quand même sous l’eau), il n’y a pas de rouleaux, mais que de l’eau, une station de nettoyage est un lieu qui permet aux raies de venir se faire ôter les parasites qu’elles peuvent avoir sur le corps, ou réparer des blessures. Ces fonctions sont assurées par d’autres poissons en général, en particulier les « labres nettoyeurs”, ou encore la « girelle verte” spécialisée dans le nettoyage des blessures.

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Belle raie courbée
Raie Manta - Manta Point
Belle raie nette (bon, ok, j’arrête avec les mauvais jeux de mots…)

 

Quand à Crystal Bay, située au sud-ouest de l’ile, l’eau transparente révèle un superbe site, tapisse de corail magnifique  révèle une véritable fantaisie de couleur et de vie. le site est riche d’une belle faune corallienne traditionnelle, avec son florilège de poissons clowns dans leurs anémones (un peu agressifs quand la femelle a donné naissance aux bébés clowns), de poissons cochers (blancs et jaunes, avec une longue crête), de poissons perroquets occupes a manger le corail, de poissons chirurgiens et leur crête bien jaune, de nasons, de balistes, de murènes, de poissons coffres, de diodons avec une bouche qui donne l’impression de vouloir faire un bisou, de rascasses ou encore de poissons napoléons (et encore la liste n’est pas exhaustive)…

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Mais ce qui fait l’originalité du lieu, c’est qu’au milieu d’une nuée de poissons apparait soudain un poisson aux formes uniques : le Mola Mola (ou poisson lune).
D’une forme ronde, aplatie et de couleur blanche, il possède 2 grandes nageoires caudales et si sa taille impressionne (il peut atteindre 3 mètres de diamètre et un poids pouvant dépasser les 1000 kgs !), le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’est globalement pas très gracieux (pour pas dire préhistorique)…

 

 

Mais il reste très étonnant à voir et constitue la principale attraction du site (d’autant que ses passages sont saisonniers) !

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Mola Mola, escorté de poissons cocher
Mola Mola
“Est-ce un oiseau ? Un avion ? Non, c’est Superman“un Mola Mola !

 

Sinon, il parait qu’il y a un site extraordinaire, l’un des plus excitant en terme d’expérience de plongée, c’est Blue Corner. Cependant, il est réservé aux plongeurs expérimentés, car les courants peuvent y être très forts et certains peuvent attirer vers le fond… Le problème n’est pas mon manque d’expérience, c’est plutôt que les groupes de plongeurs qualifiés sont assez rares en basse saison (évidemment, quand j’ai le plus de temps pour aller plonger) et que du coup les sorties y sont limitées… Mais bon, je me suis inscrit sur liste d’attente !

 

En parlant de plongeurs expérimentés, je vous conseille d’éviter – dans la mesure du possible – de plonger avec les Chinois… C’est pas  que je veux paraître sectaire (c’est pas le genre de la maison), mais s’ils arrivent avec ce qui se fait de mieux en terme de matériel et d’équipement (y compris photo) et sont très souriants, aimables et confiants, lorsqu’ils se retrouvent sous l’eau en revanche s’est une autre histoire… La descente dans le grand bleu est souvent hasardeuse et les mouvements désordonnés font qu’en moins de 30 minutes, ils ont vidé leur bouteille ! Ce qui est un peu frustrant quand on plonge avec eux, parce que du coup il faut entamer la remontée (alors que mon manomètre indique que je pourrais prolonger la plongée de 30 ou 40 minutes…). C’est d’ailleurs exactement ce qui s’est passé lors d’une de mes sorties. Heureusement encadrés par un « dive master » (celui qui encadre la palanquée) indonésien et son apprentie (une touriste venue passer quelques mois à Bali), l’apprentie est remontée avec le couple (ah les joies d’être apprentis…), alors que j’ai pu continuer et surtout apprécier l’exploration… Merci Dédé pour cette belle prise d’initiative (quand je vous disais que le staff d’Atlantis était bien formé…) !

Heureusement, ils ne sont pas tous comme ça et on ne fera pas d’un cas une généralité, je suis certain qu’il y a de très bons plongeurs parmi eux… mais bon pas ce couple là !

Et dans le genre anecdote rigolote, un dive master m’a raconté qu’une fois il a dû séparer un couple de Hong-kongais qui commençait à s’engueuler sous l’eau, pour une raison qu’il ignore toujours !

 

Bien sûr, il y a bien d’autres sites de plongée et pas seulement dans l’est de Bali, mais il reste encore pas mal de weekend end pour en profiter…

 

Et réflexion faite, après ce que j’avais écrit plus haut, rien n’est exagéré dans cet article car :

Quand on est sous l’eau, qu’importe la profondeur.

Les jeux de lumière et les couleurs des coraux,

La vie des poissons rend l’ensemble vraiment beau !

Et le souffle serein, tout ici plaît au cœur.

 

C’est un Alexandrin sous-marin (ndlr : je crois que des bulles d’azote sont restées stockées dans le cerveau) !

 

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 PS : Merci à Atlantis International pour les photos sous-marines, à Christophe et Pierre pour les vidéos…

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