Semi-Marathon Man : Le Jour “S-M”

 
Ami Sportif Lecteur, Bonjour !

Samedi 15 avril 2017, 22h17, sur les quais de Bordeaux à hauteur de la Place de la Bourse. Au pied des bâtiments qui semblent enlacer la majestueuse Fontaine des 3 Grâces, une immense foule acclame les coureurs de la 3ème édition du Marathon et du Semi-Marathon de Bordeaux.

Aglaé, Euphrosyne et Thalie, les 3 filles de Zeus et d’Eurynomé, déversent immuablement l’eau de leurs amphores dans l’imposante fontaine, dans laquelle dansent les reflets entremêlés de la lune et les étoiles du ciel bordelais.
Il est 22h17 et le temps s’est figé : je franchis pour la deuxième fois l’immense portique dressé sur les quais à proximité du miroir d’eau. Le visage ruisselant d’un effort longuement soutenu, rafraîchi par une légère brise qui souffle au cœur de cette nuit pascale, je regarde le chronomètre électronique : les diodes lumineuses affichent : 02h17min04sec.
(…)
Parti 21,1 kilomètres plus tôt, 2 heures et 04 minutes me séparent des deux passages sous ce qui symbolise à la fois le départ et l’arrivée – l’Alpha et l’Oméga – du semi-marathon, entouré d’une foule anonyme de quelques 19.700 autres coureurs.

Alors, si vous avez une impression de déjà-vu lu, ce n’est pas de l’auto-plagiat, mais plutôt une épanadiplose narrative, car c’est exactement le début du récit de mon premier article sur le semi-marathon de Bordeaux.

Car après l’inscription et les mois d’entraînement qui l’ont suivie, le « Jour S-M » (comprenez du « Semi-Marathon » et non pas “Sado Maso” ! Mouais, encore que…) est enfin arrivé !

Ce qui fait l’originalité du Marathon de Bordeaux c’est que l’épreuve est nocturne ; en d’autres termes : puisqu’elle se déroule de nuit, cela signifie donc que qu’entre le moment où l’on se réveille (le matin) et le moment où l’on se retrouve sur la ligne de départ (le soir), on a donc tout le loisir de sentir la pression monter, lentement mais sûrement.
Et à mesure que s’étiolent les heures de la journée, on a aussi tout le temps de se répéter à intervalles de plus en plus réguliers : “Mais quelle grosse con**rie de s’être inscrit au semi-marathon” (
sans compter que ça fait 1 semaine que j’ai pas bu – ni même senti – un Mojito, et là j’en peux plus) !
En revanche ce qu’il y a d’étrange, et bien qu’il n’y ait aucun enjeu vital, c’est que depuis 2 jours je ressens la tension monter, apportant avec elle ses courtisans : le stress, l’appréhension et la peur…

Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre” disait le baron Pierre de Coubertin.
Oui, j’avoue : je retrouve cette sensation bien désagréable de ventre noué, mêlé de gorge serrée, sensation somme toute familière à tout étudiant qui se présente à un examen sans avoir rien révisé !
Et considérant l’intensité de mon entraînement avant cet “examen” sportif qu’est le semi-marathon, alors oui : je n’ai pas assez révisé et j’ai bien l’impression d’avoir réveillé l’étudiant qui sommeillait en moi !!

ça est, j’ai mon dossard ! Le début des emm*** ! Mais si, Je suis content ! Si-si, je vous jure… Mais c’est très intérieur comme sentiment ! Bon, alors si je dis “Youpi”, vous êtes convaincu ? Non? Mouais…

 

D’ailleurs, à propos de “réveiller” : nous sommes Samedi 15 Avril 2017, il est 8h30 et je me réveille étonnement tôt (pour un samedi…). Plutôt que fainéanter sous le doux confort de la couette, je tombe saute du lit pour prendre un bon petit déj’ de champion et attaquer la journée en pleine forme (en réalité, je me traine jusqu’à la machine Nespresso, y mets une capsule, appuie sur le bouton et regarde le café couler avec le bruit d’avion en phase de décollage…)  !

Le compte à rebours a commencé… Tic-tac-tic-tac…
10h00 :
Alors qu’une fine et fraîche pluie d’Avril s’étend sur la ville, profiter d’une petite éclaircie pour aller retirer le dossard et s’enivrer de l’ambiance de fête qui commence à régner dans la ville.

Tic-tac-tic-tac… 12h00 :
Se sustenter d’un bon plat de pâtes, et avant de s’habiller, se préparer mentalement en faisant une bonne grosse sieste méditation… (Oui bon ok, c’était bien une sieste !)

Tic-tac-tic-tac… 15h00 :
Réaliser que ça fait du bien de méditer faire la sieste, et reprendre la lecture d’un livre de motivation !

Tic-tac-tic-tac… 16h00 :
Se re-réveiller en sursaut au son du livre qui s’écrase sur le sol, sortir du lit pour manger une banane, accompagnée d’un bon gros verre d’eau.

Tic-tac-tic-tac… 17h00 :
Réaliser qu’à force de procrastiner, il est en réalité déjà 18h00 et qu’il serait temps de se préparer, puis boire un autre verre d’eau et re-manger une banane !

Tic-tac-tic-tac… 19h00 :
Retrouver mes “amis” auxquels je me suis inscrit (oui, entre guillemets car à cette heure précise, je déteste tout le monde de m’avoir entraîné dans cette galère ; y compris moi-même de prendre des décisions sous l’effet du Rosé, ou du Blanc ou du Rhum… Enfin je sais plus, mais bon, mais… Mais qu’est-ce que je fous là ?!?)

Les quais de Bordeaux sont noirs de monde (Comment ? Non “noir de monde”, ce n’est pas raciste comme expression !)

 

Tic-tac-tic-tac… 19h30 :
Se fondre dans la masse des participants qui s’approchent des différents sas de départ (Put** !! Mais, qu’est-ce que je fous là ?!?).

Bonne nouvelle : votre sas est tout là bas, au sein de la foule ! Bon, c’est parti : “Pardon, je passe”… “Pardon, je passe”… “Pardon, je passe”…”Oh, c’est bon là, poussez pas !”… “Pardon, je passe”… C’est lourd ? Oui, mais bon, en même temps, c’est loin!… “Pardon, je passe…”

 

Tic-tac-tic-tac… 19h45 :
Se rapprocher de son sas de départ… (OH PUT** !! MAIS, QU’EST-CE QUE JE FOUS LAAAA ?!?)
Y retrouver fortuitement d’autres amis qui, eux, se sont inscrits à la course en relais ! Et réaliser comme une épiphanie : “Mais voilààààà c’est ça que j’aurais dû faire !! J’aurais dû m’inscrire comme vous pour courir en relais… Non mais quel C*n je suis d’avoir choisi la course en solo” !! 

Yes ! ça c’est sensas, c’est ce sas  !!!

 

Tic-tac-tic-tac… 19h59 :
Avoir mal au ventre et se dire qu’on ferait mieux d’arrêter en fait… “Mais non c’est dans la tête”, me dit un de mes amis à mes cotés en se frayant un chemin et d’ajouter, en me poussant en direction de la ligne de départ : “Allez, on y va” !!

Tic-tac-tic-tac… 20h00 :
Entendre les mots hachurés et crachés par les immenses haut-parleurs et être alors “emporté par la foule, qui nous traîne, nous entraîne”…
Le Départ est donné !

Les gens se pressent en direction du goulot d’étranglement qui donne accès au couloir de départ. Je me fais bousculer dans tous les sens, autant que je bouscule d’autres inconnus agglutinés dans le sas. Certains rigolent, d’autres râlent… Puis enfin réussir à accéder au couloir de départ et enfin se retrouver aligné sur la piste de décollage en direction du portique !

20h13 :
ça y est, je passe – enfin – sous le portique, tellement la foule est compacte… C’est parti !!!

Je commence donc officiellement ma course et, d’un geste pavlovien, active “Runtastic sur mon smartphone, branche mes écouteurs et lance la lecture de ma playlist, à mesure que la foulée se fait plus rapide.
D’une cadence assurée, je suis le sillon tracé par les autres coureurs, alors que le soleil commence à rejoindre l’horizon !

Et c’est partiiiii… “Vers l’Infini et l’au-delà” ! (ou en tous cas la ligne d’arrivée, ce serait déjà pas mal…)

 

Force est de constater que la bonne ambiance qui règne tout au long du parcours donne des ailes ! En effet, des milliers de spectateurs de tous âges se sont retrouvés au grès des quartiers et applaudissent à tout rompre lors du passage des coureurs ; des enfants, aux sourires étirés jusqu’aux oreilles, tendent aussi les bras pour qu’on leur tape la main.
Avec nos noms sur les dossards, il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre son nom scandé par d’absolus inconnus ; c’est incroyablement grisant !
Et c’est fou comme ces actes de bienveillance gratuite font l’effet d’un baume encourageant !

En parlant de “milliers de spectateurs”, j’en profite pour vous donner quelques chiffres sur l’édition 2017 du “Marathon de Bordeaux”. Il regroupe 19 720 participants d’après les organisateurs (et 2000 selon la Police… ah non, pardon je confonds !), répartis entre : 3000 marathoniens, 14 000 pour le semi-marathon et environ 1000 équipes en relais ! 65 % des participants sont des hommes, donc mathématiquement 35 % sont des femmes et l’âge moyen est de 39 ans (c’est donc parfait pour distribuer mes cartes de visites avec mon numéro de téléphone, aux coureuses que je double ! Un bon coureur est un coureur en chasse !). Enfin, 3 % des coureurs sont étrangers et 40 nationalités sont représentées !

A mesure que le paysage urbain défile sous mes yeux et le bitume sous mes pas, la foulée maintient sa cadence, alors que le souffle devient plus saccadé. Le corps, sous l’effort prolongé, cède de plus en plus de gouttes de sueurs qui, perlant le long du visage et s’écrasant sur le sol, viennent ponctuer la distance parcourue.
Disposés à intervalles réguliers, des stands de ravitaillement permettent de se réhydrater et de se recharger en énergie, des bénévoles distribuant verres d’eau, fruits coupés, barres hyper-glucidiques, et autres petits cakes.
En revanche boire un verre d’eau tout en courant, sans s’étouffer et ni de s’en renverser la moitié dessus, est un sacré défi dont j’avais somptueusement ignoré l’existence jusqu’à ce soir…
Et c’est donc le t-shirt trempé (de toutes façons, vu ce que je transpire, ça ne se voit presque pas…) que je continuais de courir après le passage au premier stand, tout en toussant pour évacuer les quelques gouttes d’eau qui avaient eu la bonne idée de prendre la direction de mes poumons !

Les encouragements de la foule, les orchestres jouant de la musique par endroits, le rythme donné par les autres coureurs devant soi et la musique dans les écouteurs aident à faire fi de ces petits inconvénients et des déjà bien présentes minuscules douleurs musculaires et articulaires qui apparaissent.
Mais surtout, le meilleur antidote trouvé pour maintenir l’effort jusqu’au bout, je l’ai découvert grâce au… Yoga !
En effet, lors d’une séance de Yoga à Bali, notre instructeur (Adam pour ne pas le nommer ; si vous habitez Montréal, je ne saurais que trop vous recommander son cours) nous avait invités à dédier la séance à une personne, proche ou lointaine. Ainsi, d’avoir enchaîné pendant 1h30 les positions les plus improbables avec un objectif précis autre que ma petite personne, j’étais sorti nettement plus serein que d’habitude. Mais surtout j’avais trouvé en moi des ressources supplémentaires afin de bien m’appliquer et tenir lesdites positions !
C’est donc dans cette optique de « communion sportive », que je décidai de dédier ma soirée de Semi-Marathon à une personne qui a utilisé le sport comme moyen de se battre contre une maladie… Il y a en effet des rencontres qui, par leur attitude et leurs actions face aux aléas, influencent positivement la vie des autres ; et force est de constater que Deborah en fait partie.

Alors à la question “Mais qui donc est Déborah ?”, je me permets donc de faire les présentations : 
Déborah est une Toulousaine expatriée à Singapour, grâce à l’entreprise qui l’emploie.
Une amie commune résidant aussi sur l’île-état d’Asie du Sud-Est (merci Sophie !), nous avait présentés au hasard d’un week-end passé à Singapour. En effet, grâce aux “poétiques” démarches administratives pour faire établir un Visa de Travail en Indonésie, je faisais alors de réguliers aller-retours entre les 2 pays voisins…
Mais surtout, Déborah est une survivante !
Car, le Destin ayant une façon bien à lui de venir chambouler une Vie sans prévenir, suite à une situation émotionnelle intense provoquée par le décès accidentel d’un de ses proches, Déborah apprend qu’un “nénuphar” a bien commencé à se développer dans sa poitrine (pour reprendre l’image de la maladie qui envahie les poumons de Chloé dans “l’Ecume des Jours” de Boris Vian).
Elle a alors tout juste 29 ans.
La tumeur cancéreuse ayant atteint un stade important dans sa phase de développement, un traitement particulièrement lourd et éprouvant est mis en place.

Le sport ne forge pas le caractère. Il le révèle” (Heywood Hale Broun… Oui, je sais, je l’ai déjà cité dans mon précédent article… Mais bon, cette citation prend encore plus de sens ici !). Et à lire Déborah , la maladie aussi.

Développant une attitude et un mental de “Samouraï”, selon ses propres termes, elle décide de prendre le contrôle de ce qui lui reste : l’espoir, l’envie de vaincre la maladie et un profond désir de vivre !
Et pour la citer : “
Je suis une battante, je veux vivre ! Et pour cela, je dois d’abord survivre (…) Je décide de me battre pour ma vie. On a tous en nous une force incroyable, qui souvent se révèle lorsque nous sommes confrontés aux challenges de la vie. Il faut savoir la transformer en énergie positive pour affronter ce que la vie nous réserve !

Encadrée d’amis et de membres de sa famille, elle trouve aussi dans le sport un allié pour développer un mental prêt à affronter les épreuves de la thérapie, et ainsi prendre l’ascendant sur ces cellules qui se multiplient de façon incontrôlée. Le sport l’aide non seulement à surmonter des phases de perte de repères, mais aussi à lutter contre les sentiments d’injustice, mêlés de frustration, de peur, de tristesse et de colère (bien légitimes).

Obstinée, encaissant les effets secondaires des traitements de radiothérapie et chimiothérapie (nausées, fatigues, douleurs…), elle réussit à se débarrasser des cellules cancéreuses qui encombraient sa poitrine. Et plus que tout, elle affiche désormais un optimisme et une attitude face aux aléas de la vie qui donne envie aussi de se bouger et se dire qu’il est tout à fait possible de déplacer des montagnes !

Le succès, c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme” disait Churchill. Déborah en est la preuve… Vivante, debout et en action !
La vie est fragile et incroyablement miraculeuse à chaque instant, et c’est incroyable comme le mental a un impact sur le corps, autant dans le positif que dans le négatif…
Et si vous voulez mieux connaître Déborah, je vous invite à découvrir son blog écrit pendant son combat : https://www.sailing-upwind.com

Je ne cherche pas ici à dire qu’il faut relativiser ses propres problèmes en se comparant aux autres. Je trouve d’ailleurs cela complètement absurde : on trouvera toujours des gens dans des situations plus difficiles que la sienne, comme on en trouvera toujours dans de meilleurs situations. De plus, cela reviendrait à nier – et fuir – ses propres challenges plutôt que les affronter et les transformer en opportunité pour progresser.
En effet, chacun d’entre nous a rencontré, rencontre et rencontrera dans sa vie, des situations plus ou moins difficiles à gérer.

En revanche, les personnes que nous croisons sur notre route peuvent, par leur comportement, être autant d’aides inspirantes pour trouver la volonté et l’énergie nécessaire pour affronter nos propres difficultés.

“Cours Forrest, Cours”… (Oui, je sais c’était facile !)

 

Et c’est sur ces pensées que les derniers kilomètres se sont envolés.
Le Pont de Pierre passé, j’ai même réussi à puiser u peu plus dans mes ressources pour assurer un sprint final en direction du portique !

Il est 22h17 et le temps s’est figé : je franchis pour la deuxième fois l’immense portique dressé sur les quais à proximité du miroir d’eau(Encore une épanadiplose narrative). Je réalise que je viens de parcourir 21,1 kilomètres en 2 heures et 04 minutes ! Certains esprits chagrins diront que c’est long, mais pour moi ça veut dire beaucoup… ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là malgré tout.

Il y a des phrases qui entrent dans l’Histoire, tant l’effort accompli a été important, comme par exemple :
– “Veni, Vidi, Vici” (Jules César),
Un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour l’Humanité (Neil Armstrong),
– “
Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !” (Charles de Gaulle),
– “
Je gagne les batailles avec les rêves de mes soldats”, “Soldats, songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent” (Napoléon Bonaparte),
– “
Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte” (Winston Churchill),
– “
l’Art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs” (JFK),
Quand t’es une star, les femmes te laissent faire. Tu peux tout faire. Les attraper par la chatte, tout faire” (Donald Trump)

Mon pied foulant la ligne d’arrivée, ce fut à mon tour de marquer mon Histoire (oui, avec un H majuscule…) d’une citation de circonstance, prête à passer à la postérité ; et c’est ainsi que, tout empreint de concision et d’érudition, je m’écriai : « Oh put*@#, J’ai fini !!! » (Bon, bah raté pour cette fois…)

Déroulant ma foulée, je savourais ma victoire avec la même sobriété que lorsque je finis le repassage de ma pile de chemises ; c’est à dire que, les poings serrés tendus vers le ciel, je me suis mis à hurler que, oui, “Je suis le plus fort”, avant de jeter un un coup d’oeil pour voir si les gens autour de moi s’étaient mis à faire une « Ola »…
Bon, bah en fait non !
En revanche, une jolie hôtesse me tend un belle médaille en guise de trophée, que j’attrape d’un geste automatique (
la médaille, pas l’hôtesse, hein…)

Arrivé, je reprends doucement prise avec le réel et à mesure que le flou du temps suspendu s’estompe, je réalise que la seule victoire qui ait vraiment de l’importance, c’est celle qu’on l’on fait sur soi-même ; celle qui est faite grâce à l’autre et non au dépend de l’autre. Et c’est en me mesurant aux performances des autres et de ceux qui sont meilleurs que moi que j’ai réussi à progresser. “Je ne veux pas triompher, je veux vivre (…). La vie n’est ni un jeu ni un match, sinon il y aurait des gagnants” faisait dire Eric-Emmanuel Schmitt à son jeune héros, Jun, dans “Le Sumo qui ne pouvait pas grossir”.
Toute expérience jugée difficile que la vie nous fait affronter vient nous façonner, nous rendre plus fort, parfois un plus sage et surtout nous rendre meilleur (enfin, une fois qu’on a réussi à prendre du recul…). Et si nous ne décidons pas de ce qui nous arrive, en revanche c’est nous, et nous seul, qui nous décidons de la façon dont nous pouvons réagir à chacun des évènements (et quand j’écris nous, je veux dire “moi”, en fait… Mais ça fait tout de même moins égotique).

D’où l’importance de vivre chaque instant comme si c’était le dernier, non pas de façon dramatique et avec appréhension, mais au contraire avec assez de légèreté et une attitude positive, pour être mentalement prêt en cas de coup du sort. Et donc, de ne pas prendre la Vie trop sérieusement, mais en tirer le meilleur parti, à chaque instant car le temps passe très vite.
(Enfin, ça n’est que mon modeste point de vue…)

Avec une évolution étalée sur plus de 2,5 millions d’année (apparition de l’Homo Habilis qui évolua pour donner l’Homo Sapiens-Sapiens vers 300.000 ans avant Jésus Christ), et voire même sur 65 millions d’années (en considérant le début de l’ère Cénozoïque qui fait suite à la disparition des Dinosaures et témoignant de la survie des mammifères), voire 230 millions d’année (si on considère les Dinosaures) et tant qu’on y est 3,8 milliards d’année (estimation de l’appartition de la vie sur la Terre), s’il est acquis que, oui la vie est dure, alors on peut dire que l’Homme Moderne est quand même plus fort (par contre, il pourrait être parfois plus respectueux de son environnement) !

Perdu dans mes pensées, je rentrai alors chez moi en… marchant difficilement, péniblement, en boitant plutôt un peu (quelque chose me dit que je vais bien rigoler quand je vais marcher le lendemain et le surlendemain).
Et, afin de fêter la fin de cette aventure – ou plutôt le début d’une nouvelle aventure – avec le groupe d’amis inscrits, les rejoindre autour d’un banquet pour manger de délicieux sangliers rôtis et boire de la cervoise fraîche, tout en discutant gaiement et bruyamment, sous le ciel étoilé de Bordeaux…

Bon d’accord, ça fait un peu fin d’un album d’Astérix, mais oui : nous nous sommes  tous retrouvés autour d’un bon gros repas et de bonnes bouteilles !

“Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port” (de la lune). “Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, Les plus épouvantés reprenaient leur courage”.

 

Enfin, pour un débutant qui me demanderait 3 conseils pour tenir la distance le jour d’un Semi-Marathon, je dirais qu’il faut :
  Boire à tous les stands,
  Manger des bananes,
  Kiffer la course (surtout).
Ah oui, il y en a un quatrième… S’entraîner régulièrement !

Epilogue :
J’ai écrit ces lignes 8 mois après l’évènement.
Bien sûr, le temps a un peu enjolivé les souvenirs, les a patinés et rendus plus beaux.
Cependant, j’ai continué de courir, mais pas de façon aussi intensive et n’ai pas participé à d’autres compétitions.
En revanche, désormais, pour chaque sortie je :
1- Me fixe un objectif (durée, distance) et le dédie à quelqu’un ou quelque chose parfois.
2- Me mets à courir immédiatement (pour ne pas être tenté de procrastiner).
3- Cherche à atteindre le kilomètre supplémentaire…

Et bonne nouvelle : j’ai perdu plus de 4 kilos ! Du coup, j’ai beaucoup moins de scrupules à boire de l’alcool et manger un peu gras.
Et rien que pour ça, ça vaut le coup de faire du sport !

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P.S : Si cet article vous aurait donné envie de tenter l’expérience, voici le lien pour vous inscrire : www.marathondebordeauxmetropole.com

1 commentaire

  1. Merci PJ.
    Chaque lecteur trouvera un sens à ces belles phrases.
    Il n’y a de vrai que la profondeur des émotions. Aller au bout de ses limites permet de sonder cette profondeur.
    A trés bientôt.
    William

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