Semi-Marathon Man : L’inscription

 

Samedi 15 avril 2017, 22h17, sur les quais de Bordeaux à hauteur de la Place de la Bourse. Au pied des bâtiments qui semblent enlacer la majestueuse Fontaine des 3 Grâces, une immense foule acclame les coureurs de la 3ème édition du Marathon et du Semi-Marathon de Bordeaux.

Place de la Bourse et son miroir d’eau… Encore bien calme !

 

Aglaé, Euphrosyne et Thalie, les 3 filles de Zeus et de Eurynomé, déversent immuablement l’eau de leurs amphores dans l’imposante fontaine, dans laquelle dansent les reflets entremêlés de la lune et les étoiles du ciel bordelais.

Il est 22h17 et le temps s’est figé : je franchis pour la deuxième fois l’immense portique dressé sur les quais à proximité du miroir d’eau. Le visage ruisselant d’un effort longuement soutenu, rafraîchi par une légère brise qui souffle au cœur de cette nuit pascale, je regarde le chronomètre électronique : les diodes lumineuses affichent : 02h17min04sec.

Le temps est suspendu et durant un instant tout semble silencieux autour de moi.
02h17min04sec…
Les cris et les applaudissements des spectateurs amassés le long des barricades déchirent cette impression de mutisme et me ramènent à l’instant présent : Il est 22h17…

Parti 21,1 kilomètres plus tôt, 2 heures et 04 minutes me séparent des deux passages sous ce qui symbolise à la fois le départ et l’arrivée – l’Alpha et l’Oméga – du semi-marathon, entouré d’une foule anonyme de quelques 19.700 autres coureurs.

Bonjour Ami Lecteur,

« En jogging, il n’y a pas d’importance si vous arrivez en premier, dans le milieu du peloton, ou en dernier. Vous pouvez dire : « J’ai fini. » Il y a beaucoup de satisfaction à cet égard. » Fred Lebow, cofondateur du Marathon de New York
Effectivement, je peux dire : “J’ai fini” !
Et assurément, je ressens “beaucoup de satisfaction à cet égard”.

Parce qu’en y regardant de plus près, les mois précédents cet événement festif sportif ont été assez intenses…

5, 4, 3, 2, 1… PARTEZ !!! Grève de la RATP ? Non, départ d’une course à pieds…

 

En effet, de retour en Février 2016, après environ 4 ans en Indonésie, il se trouve que les rares sports pratiqués durant cette période se résumaient à : de la plongée (très souvent, à Bali), du Yoga (régulièrement à Bali), du body-board (parfois… mais alors, vraiment parfois), de la marche à pied dans les mall (très souvent, à Malang et surtout à Jakarta, parce que c’est la seule activité du week-end), dans les rizières (quelques fois, parce que c’est quand même très beau), sur les flancs des volcans de Java (le Mont Bromo et le Kawa Ijen) et Bali (plus rarement) et surtout – soyons honnête – entre chez moi et le scooter (ou la porte du taxi à Jakarta) et enfin… Eh bien c’est tout (Bon, d’accord : ce sont des activités plus physiques que sportives…) !

Et surtout, sans les réguliers massages indonésiens, le dos a commencé à manifester un fort mécontentement au travers de contractures dont les douleurs allaient crescendo…
Jusqu’à ce que la colonne vertébrale, devenue aussi rigide qu’une barre de fer, devint aussi douloureuse que si on vous plantait des aiguilles chauffées à blanc entre chaque vertèbre.
Ou pour vous donner une idée : un peu comme quand on se cogne le petit doigt de pied droit contre le coin tranchant d’un pied de table, qu’on redonne un coup de pied rageur dans ladite table et que, de fait, la douleur s’accentuant, en sautant-à-cloche-pied-en-se-tenant-la-jambe-et-en-pestant-contre-la-table on écrase alors de tout son poids le pied gauche sur des petites briques de Légo négligemment laissées par terre par votre enfant, avant de s’étaler sur le sol -dans la dignité la plus absente – et en cassant au passage l’hôpital Légo alors en construction, déclenchant des hurlements suraigus du jeune bâtisseur ! Sans compter que vous avez d’élégants motifs “Lego®” cerclés, imprimé sur les avant-bras, mains et visages pour le reste de la journée !

Et ben dis donc sacré chantier”, répliqua l’ostéopathe à qui, me demandant ce qui m’amenait chez elle, je précisai une « petite » douleur lombaire (et non pas pour l’hôpital Lego détruit, ndlr). Douleur qui, en réalité, remontait jusqu’aux cervicales !

Enfin bref : j’étais au top de ma forme physique et vraiment, vraiment, vraiment (mais alors vraiment) très loin de me sentir prêt à reprendre la course pieds (si-si, “vraiment”) !
À tel point d’ailleurs que le lendemain de mon arrivée en France, partant me promener dans les rues de Bordeaux durant seulement 2 petites heures, j’ai hérité dès le lendemain matin de cuisses toutes courbaturées !

Ainsi, après 4 ans sans sport, le dos en vrac et après un enchaînement (très) régulier d’apéritifs et d’abus de charcuterie-pain-vin-fromage-rhum à mon retour en France, mes abdominaux étaient devenus aussi structurés qu’un tiramisu qui n’a jamais pris !

Au fait : La Fontaine des 3 Grâces (Aglaé, Euphrosyne et Thalie)

 

Et pourtant…
Lors d’un doux soir d’été indien de fin septembre, dans un restaurant en bord de Garonne, entre 2 et 3 (ou plutôt 4 et 5) verres de rosés, une idée aussi saugrenue que surprenante fit son apparition : « Et si on faisait le Semi-Marathon de Bordeaux en Avril ? »
Et tous, autour de la table, d’acquiescer : « Ah ben oui, carrément !! », avant de reprendre un verre et manger quelques tapas jusqu’à tard dans la soirée.

On aurait pu en rester là, sauf que quelques heures – et Dafalgans – plus tard, je reçois un SMS : « ça y est, je me suis inscrite au semi-marathon et toi ? »

–  Attends, c’était pas une blague, genre promesse-de-gens-qui-ont-trop-bu ?
–  Ben non… et d’ailleurs, moi je n’avais pas bu : c’est moi qui conduisais hier soir ! Et puis, souviens toi, tu avais participé à la course « La Bordelaise » !
Si je me souvenais d’avoir participé à La Bordelaise, en revanche certains détails de la soirée s’étaient envolés dans les vapeurs de l’alcool…
(et le doute m’assaillant, je relève précipitamment ma chemise et vérifie… ouf, je ne me suis pas fait tatouer une tête de dragon sur le torse !! Ni dans le dos !)

Aaaaaah « La Bordelaise »… Effectivement, le dimanche précédent, entourés des mêmes alcooliques amis sportifs, nous primes part à la course de « La Bordelaise, la course à pieds de toutes les femmes » … Pour être honnête, la vraie épreuve de cette course fut de se lever tôt un dimanche matin courir déguisé (et surtout sans entrainement préalable pour ma part) ! En effet, une des clauses du règlement (mais-si-monsieur-c’est-écrit-là-en-tout-petit-au-bas-du-règlement… oui, exactement : celles qu’on ne lit jamais complètement !) imposait aux participants masculins de se travestir s’ils voulaient participer à la course et sans chrono !
Et donc, dans une ambiance festive et “bon enfant”, revêtus de magnifiques tenues qui nous transformèrent le temps de quelques heures en “M&M’s” athlétiques – avec de grands moments de solitudes (en croisant le regard incrédule et amusé des gens dans le tramway, par exemple), ou des situations rocambolesques (“Au secours Rouge, y’en a une qui veut me croquer la cacahuète !!!”), nous participâmes à ce joyeux regroupement qui fit nous promener le long d’une boucle de 8 kilomètres, sur les quais de Bordeaux puis, via un petit crochet, par le jardin botanique de la rive droite, afin d’apporter 1 kilomètre de plus et surtout un peu de « vert » à ce parcours très « minéral ».

Au fond : La place de la Bourse et la Fontaine / Et au premier plan : Les 3 Grâces…

 

Et comme il était important de s’hydrater pendant la course, nous avions acheté des casques élégants pratiques sur lesquels il était possible d’y poser des bouteilles, dont nous pouvions vider le contenu par un habile réseau de tuyaux en plastique. Après d’intenses réflexions, nous nous décidâmes pour du Rhum et du Coca-Cola qui remplacèrent finalement l’eau – bien avantageusement – et contribuèrent ainsi à rendre cette course plus drôle encore !

Hydratez-vous qu’ils disaient ! Avec du Coca pour faire un apport de sucre et du Rhum pour remplacer l’Arnica Montana 9CH !

 

Puis, la course terminée, transpirants et contents de l’effort accompli, nous nous retrouvâmes pour nous régaler des victuailles achetées entre temps au marché des Chartrons. Le tout accompagné de Rosé et de Ti-Punch, sous le soleil dominical…
Ce fut donc une belle occasion de prendre des coups de soleil durant la sieste post-repas, allongé dans l’herbe du jardin se remettre à courir – et de surcroît dans la bonne humeur et de façon solidaire, car « La Bordelaise » soutient des associations caritatives.

Cette course fut aussi l’occasion de faire une belle rencontre : celle de Nelly Lapierre, praticienne Shiatsu qui, après s’être formée au massage ancestral japonais lorsqu’elle résidait au Pays du Soleil Levant (d’ailleurs considéré comme une médecine là-bas), est revenue vivre en France et pratique son art à Bordeaux ; devant la tente des inscriptions, à l’ombre des arbres du Parc aux Angéliques, elle y tenait un stand et proposait 10 minutes de massage. Parfait pour justement travailler sur une petite lombaire douloureuse et refaire un peu mieux circuler l’énergie la veille de la course… (Et tant pis s’il faut se mettre torse nu devant tout le monde !). Même 10 minutes, ça fait vraiment du bien (D’autant plus que la douleur ne s’est plus manifestée pendant plusieurs jours…) !

– Allo ? Tu m’entends ? Bon, je t’envoie le lien du site internet par Whatsapp…
merci Ok très bien, j’irais le voir…
– Et tu t’inscris !
– Et je m’inscris…
– Tu m’envoies la preuve, hein ?!
(Arghhhh c’est fou ce manque de confiance, quand même !)

Et ainsi, allégé de quelques 42 euros, je reçois mon numéro d’inscription, les demandes de pièces justificatives à fournir et tout un tas de bons conseils à suivre pour une bonne préparation en vue du Semi-Marathon qui se déroulera le Samedi 15 avril 2017 au soir…

Note pour plus tard : Ne plus boire d’alcool faire de pari débile quand on boit !

Et c’est sur ce constat particulièrement brillant, qu’un entraînement intensif et d’une rigueur quasi militaire, a alors commencé !
Mais je vous partagerai mes petits secrets concernant ce dernier, dans le prochain article

 

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