Ia Orana Tahiti !


Ia Orana ami lecteur !

Après 21h d’avion, un superbe vol au dessus du pôle nord sans nuages, un transfert à Los Angeles, soit dit en passant, elle est assez géniale cette escale : il faut passer la douane pour quitter la zone internationale – donc faire la queue pour se faire prendre en photo, laisser nos empreintes digitales, remettre les différents formulaires (en général qu’on a dû remplir deux fois, après s’être trompé la première fois et dans lesquels on jure sur l’honneur, la bible, la tête de ses parents-frères-soeurs-compagne… qu’on ne vient pas faire d’actes terroristes, comme si on allait le déclarer) à un fonctionnaire aussi aimable qu’une porte de prison nord coréenne – puis changer de terminal, repasser la douane et revenir en zone internationale; le plus drôle c’est que que les avions sont l’un à côté de l’autre ! L’avantage, c’est qu’on fait des rencontres dans la file d’attente.

Donc, après 21h d’avion… un transfert à LAX, une arrivée avec 1 heure de retard, très tôt le matin (5h30) et 12h de décalage horaire, me voilà tout frais (heuuu) débarqué à FAAA, aéroport international de Papeete, avec un accueil musical (ukulélés et guitares accompagnant les chants) et fleuri (le traditionnel collier de fleurs) : MAEVA TAHITI !


Fatigué, mais content, enveloppé d’une douce et odorante moiteur matinale, je récupère mon bagage, passe les formalités douanières et rencontre l’hôtesse de Tahiti Tour (http://www.tahiti-tours.com , le partenaire qui m’a aidé à organiser les 3 semaines en Polynésie : principalement transferts inter-îles, réservations des pensions). La souriante vahiné en robe turquoise fleurie, et la fleur de tiaré à l’oreille, me remet le dossier récapitulatif du voyage.

Voici donc le programme : 2 jours à Tahiti – 4 jours dans les Tuamotus – 4 jours à Moorea, via Papeete – 4 jours à Huahiné – 3 jours à Bora-Bora – 3 jours à Tahaa – 2 jours à Papeete (histoire de boucler la boucle).

 

Les liaisons entre les îles se feront en avion (Air Tahiti propose des pass intéressants pour combiner la visite de plusieurs îles) et les pensions assurent les transferts  entre l’aéroport et la pension.



*** Avant d’aller plus loin dans le propos, un (petit) cours de géographie s’impose :

La Polynésie française, située dans l’océan Pacifique Sud à l’est de l’Australie (à peu près 6000 kms) et à environ 14000 kms de Paris, est un ensemble de 118 îles réparties en 5 archipels qui s’étendent sur 4200 kms² : Les îles de la Société (avec les “îles sous le vent” et les “îles du vent”), Les Tuamotus, les Marquises (chères à Jacques Brel, les plus au nord), les Australes (les plus au sud) et les Gambiers.

Les “îles du vent” sont constituées de : Tahiti, Moorea, Maiao, Mahetia et l’atoll de Tetiaroa
Les “îles sous le vent” regroupent : Bora-bora, Raïatea-Tahaa, Huahine, Maupiti et quelques atolls.
Les Tuamotus sont, quand à eux, constitués de 78 atolls (ce sont des îles dont le sommet s’est complètement enfoncé dans la mer), dont les plus connus (surtout des plongeurs) sont : Rangiroa, Fakarava, Tikehau, Manihi, Mururoa (pas top pour la plongée celui-ci!)…
Quand aux Marquises, Australes et Gambier : je n’y ai pas été, donc j’aurais un peu plus de mal à en parler (sauf à recopier un bouquin, mais c’est pas intéressant)… Juste pour l’anecdote : une des îles des Australes s’appelle Rapa Iti… et alors? Et bien, c’est la petite soeur de Rapa Nui appelée aussi l’île de Pâques !

*** Fin du cours, retour à la “dure réalité” ***

Ici, je loge chez des amis venus travailler à l’hopital pendant 10 mois.
Ils habitent un peu en dehors de Papeete, dans le quartier de Mamao.
De leur appartement, on aperçoit sans peine le lagon, la mer qui se brise sur la barrière de corail et au fond : Moorea.
Ce qui est amusant, c’est qu’à deux pas de chez eux travaille une pharmacienne adorable, Mathilda, qui n’était autre que ma voisine dans la longue attente pour la douane à LAX. Ses enfants sont en France pour leurs études. Malheureusement je n’ai pas eu le temps de dîner avec elle et mes amis, avant de repartir en France (sur les 3 semaines passées en Polynésie, je n’ai passé que 3 jours à Papeete et le reste dans différentes îles).

Les premiers jours sont consacrés à la découverte de la capitale de Tahiti et à ses environs.
L’île de Tahiti est la plus grande de toutes celles qui composent la Polynésie. Elle est composée d’une île principale (Tahiti Nui) à laquelle est accrochée la petite presqu’île de Tahiti Iti par l’isthme de Taravao.


Voici donc le laborieux programme des premiers jours :

(Etape du voyage :  2 jours à Tahiti4 jours dans les Tuamotus4 jours à Moorea, via Papeete4 jours à Huahiné – 3 jours à Bora-Bora3 jours à Tahaa – 2 jours à Papeete)


– Ballades dans Papeete et ses proches environs afin de découvrir la capitale, ses gros 4*4 pris dans les embouteillages, ses restaurants (et même Mc Do !), ses places, ses monuments (palais présidentiel pour le plus beau),

ses petites églises et ses temples (d’où s’évadent les hyménées dominicaux),

son front de mer, son marché et voir ainsi comment vivent les habitants (et accessoirement, rester éveillé pour vite se remettre du décallage horaire).

Papeete est assez étonnante en fait. Située sur Tahiti Nui (Nui = la grande, par opposition à Iti… la petite), la capitale de la Polynésie française a bénéficié (ou souffert) du développement du programme nucléaire (donc des fortes entrées d’argent français) dans les années 60… C’est ainsi que la plus belle période de l’architecture française a pu rayonner dans cette partie du Pacifique!
En clair : à part quelques bâtiments administratifs très distingués dans le style colonial, le reste est très moche et s’apparente à de superbes constructions dignes de vieil
les stations de ski !


Le front de mer n’est pas très beau malheureusement. Le port est un port marchand, donc avec l’activité qui va avec : à côté des paquebots d’où descendent des touristes et des ferry reliant Moorea, on trouve des cargos se délestant de leurs containers, non loin des citernes à pétrole.
Quelques places arborées sont heureusement aménagées ça et là pour se mettre à l’abri du soleil (et parfois de la pluie… vive les alizés) et ajouter un peu de couleur.

Puis une artère saturée de voiture longe le front de mer et les habitations. Une rangée de palmiers sépare les deux fois deux voies, aussi bruyante à droite, qu’à gauche… la symphonie de klaxons raisonne contre les façades des bâtiments.
La ville se présente devant nous comme un alignement de magasins, restaurants, bars, dont l’unité architecturale 70’s étonne l’oeil !
Drôle d’image, pour la capitale du paradis !

Le marché est assez intéressant. C’est en effet un parfait melting-pot de gens, de produits, de couleurs et d’odeurs. On y croise aussi bien des locaux que des touristes venus faire quelques emplettes.

Entre les étals de poisson frais, de viande, de légumes, de fleurs (Frangipaniers, Tiaré, Orchidées…), de fruits (noix de coco, ananas de Moorea, vanille…), on trouve aussi des stands de productions plus ou moins locales : le fameux collier de fleurs, des colliers de coquillages, des paréos (en général “made in indonesia”), du monoï, des sculptures sur bois, des peintures, des paniers et chapeaux tressés en feuilles de bananier (et dire que j’ai pas osé en acheter un !!!) et même des vendeurs de perles nues (plus ou moins belles) ou montée en bijoux (plus ou moins beaux), des CD, des vêtements (non, je n’ai pas acheté la belle chemise à fleur!)…

On y trouve donc de tout, même des tatoueurs (non, je ne me suis pas fait tatouer) !

– A proximité de Papeete, peu après Faaa, se trouve une très belle petite marina (quelle idée de l’avoir mise aussi loin du centre !), avec de magnifiques bateaux à voile qui mouillent face au mont Orohena du côté de l’île et Moorea au bout de l’horizon.


– Tour de Tahiti Nui et Tahiti Iti en Twingo, c’est-à-dire un “gros” road trip de 60 kms qui nous permet de voir, entre autres lieux magnifiques :

le phare de Mahina (datant de 1867) situé sur la pointe Vénus et sa plage de sable noir :

les 3 cascades de Tefaarumai (en voici une),

 

le trou du souffleur (les vagues s’engouffrent dans une cavité creusée dans la roche, formant un geyser au gré du sac et du re-sac),

et des petits villages très typiques.

Les îles sont d’origine volcaniques et suite à la lente érosion (oui, l’île s’enfonce dans l’océan, alors allez y vite, avant qu’il ne soit trop tard!), un récif corallien se forme en périphérie créant ainsi un lagon autour de l’île. C’est pourquoi, il est rare de trouver des plages de sable blanc. Le plus souvent on trouve du sable noir, très fin (et très chaud au contact des pieds !!!), ou sinon des morceaux de coraux détachés du récif et qui créent des plages blanches, plus ou moins “rugueuses”.


Rassurez vous, on trouve quand même de belle plages, fidèles à la carte postale qu’on imagine !


– Déjeuner en bord de lagon :
A l’abri sous les arbres, sur la plage, le temps s’arrête le temps de déguster du thon cru à la tahitienne (énoooooorme !), alors que le vent fait chanter les palmiers en rythme avec le va-et-vient régulier des vagues.


Petit hic : le repas est assez cher. Pour un plat (local), un dessert (fruits) et une bouteille d’eau, on paie environ 25 euros par personne ! ça doit être le prix pour l’emplacement… parce que faut être honnête : c’est canon ! Or, un hic n’arrivant jamais seul : nous nous apercevrons vite que nous ne payons pas “la vue”, car, quelque soit le restaurant, les prix sont élévés (pour ne pas dire, prohibitifs).

– Ballades à pieds dans le coeur de l’île.
On prend un peu de hauteur, permettant ainsi d’admirer Tahiti Nui , sauf que les nuages nous cachent les plus hauts sommets : les mont monts Orohena (2 241 m) et Aorai (2 066 m), lansi que les magnifiques ciselures (enfin, d’après les photos du guide…) du Diadème (1 321 m) :

Nous n’avons pas fait de randonnée dans les pics les plus hauts de l’île malheureusement, mais la vue offerte est très belle ! Et ce qui est très étonnant, c’est le changement de paysage : dans le bas de l’île, on trouve des plages, avec la mer bleue turquoise, la plage (sable blanc ou noir…), les palmiers et cocotiers, mais dès qu’on prend un peu de hauteur, le paysage devient plus vallonné, recouverts d’herbes dont se régalent les vaches, avec des arbres moins exotiques, des chemins clôturés, tant et si bie
n qu’on se croirait presque en Normandie (sauf qu’ici il fait chaud et beau, et que l’eau est “baignable”!)

– Sur Tahiti iti, la route s’arrête au bout de l’île (non, elle n’en fait pas le tour…), sur le lieu mythique des surfeurs : Teahupoo ! c’est un des spots les réputés et les plus dangereux du monde situé à 300m du bord. Les vagues régulières sont les plus larges, épaisses, géantes et puissantes du monde. Elles peuvent même mortelles : la houle océanique, creusée par des vents favorables et un fond escarpé très à pic, donne naissance à des vagues qui viennent s’écraser sur le récif corallien situé à une dizaine de centimètre de la surface.

– Avant de quitter Tahiti iti, nous nous arrêtons devant une grande plate-forme en pierre, recouverte de grands ficus, bananiers et cocotiers : le Marae.
Lieu où se déroulaient les cérémonies religieuses, Le Marae aussi l’endroit qui était associé aux différentes activités sociales, culturelles et politiques de l’ancienne société polynésienne.

– Pour bien finir la journée, avant d’entamer la soirée : coucher de soleil devant Moorea, où les tahitiens, viennent s’entraîner au vahaa, la fameuse pirogue polynésienne à balancier (hyper difficile à diriger, surtout pour changer de direction… oui, j’ai essayé), seuls ou en équipe :

De retour à l’appartement, nous prenons la direction de la place Vaiete, en bord de mer dans le centre de Papeete, où sont stationnées des dizaines de roulottes qui servent différents plats : du traditionnel tahitien, en passant par des pizzas, sushis, sandwichs, cuisine chinoise… le choix est vaste et dépend de la roulotte!

La journée se termine donc sous les étoiles, par une bonne Hinano qui accompagne un excellent Mahi Mahi à la vanille !
Hinano est le nom d’une petite blonde légère et fraîche, pur produit de Tahiti, que l’on consomme seul ou entre amis et très agréable quand il fait chaud ! Cette  bière, puisque c’est bien de cela dont il s’agit (“what else?…”) est brassée à Tahiti et est une véritable institution depuis 1955.

Le Logo de Pierre Heyman représente une vahiné assise en tailleur, vêtue de son paréo à fleur et arborant une fleur de tiaré à l’oreille et une couronne de fleur entourant une longue chevelure. Chose étonnante : elle n’a que 4 doigts de pieds ! Il a évolué au grès des années car désormais la vahiné est face à un motu, sous un ciel étoilé.

Ah, oui, Hinano est aussi un prénom tahitien…

Sinon, les polynésiens sont très accueillants et souriants.
Ici le tutoiement est de rigueur ! C’est un peu déroutant au début, mais finalement on s’y fait très vite et très bien. Et s’est tellement plus agréable…
En plus avec leurs intonations chantantes, leur façon de “louler” les “r”, on a presque l’impression d’entendre le son du Ukulélé dès qu’ils parlent !
On peut donc dire que les polynésiens ont dans le coeur le soleil qu’ils ont aussi dehors !

ça y est, je crois que je suis en vacances !

 

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1 commentaire

  1. Rien qu’avec votre carnet de voyage…vous nous avez fait voyager à travers la Polynésie …il me tarde vraiment dont aller !
    Merci
    Mélomélo(routard)

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