Des Symboles et des Hommes : La Légende de Ganesh

 

Om swastyastu Ami Lecteur,

Après une chouette journée à visiter de très beaux temples situés non loin d’Ubud, Tirta Empul, Gunung Kawih – au nord, à proximité des spectaculaires rizières de Tegalalang – et Goa Gajah – plus au sud – nous profitons du trajet de retour vers Seminyak pour dormir écouter de la pop balinaise à la radio le récit de la « Légende de Ganesh », entrecoupé de coups de klaxons réguliers (selon le code de la route local).

Comme expliqué dans mon article précédent, « Ganesh est le Dieu de la vertu et du savoir et donc par extension de l’éducation, de l’intelligence, de la sagesse et (…) de la prudence » (c’est la classe quand même, je m’auto-cite ! Ou alors c’est complètement mégalomaniaque). Il est un des Dieux les plus vénérés de la religion hindoue.

Mais avant de poursuivre plus loin, une petite précision me semble nécessaire : Les légendes autour de la naissance de Ganesh et comment il obtint une tête d’éléphant sont multiples… Voici donc une version, rédigée selon quelques notes prises lors de la « conférence » tenue par Agus dans la voiture et bien sûr (assez) librement interprétée :

Alors pour situer Ganesh dans l’arbre généalogique des Dieux Hindous, il est le fils du Dieu Shiva (le destructeur) et de son épouse Parvati, surnommée « la fille de l’Himalaya ».

 

Selon une des légendes (enfin celle que j’ai choisie d’illustrer ici), Parvati fit en réalité « un bébé toute seule… C’était dans ces années un peu folles où les Papa n’étaient plus à la mode ». Ainsi, inspirée par une chanson de son chanteur préféré, I Made Jean-Jacques Goldman, elle prit de la terre spéciale, la mélangea avec plusieurs pincées de safran et ajouta quelques gouttes de rosée du matin, laissa reposer la pâte quelques temps et après quelques mois de cuisson à 37°, elle démoula donna naissance à un superbe jeune garçon, à la peau chocolatée : Ganache Heuuu… Ganesh !
D’après des sources concordantes, le jeune Ganesh faisait la joie de sa mère tant par sa beauté que par sa vivacité d’esprit, mère dont il était très proche et complice. Shiva, dans sa grande bonté et plein d’amour pour son épouse avait complètement adopté l’enfant et lui avait même ouvert son premier contrat d’assurance vie à 15% d’intérêts par an, c’était à une bonne époque !

Et pourtant, c’est à ses 5 ans que le drame survint… Shiva, parti à la guerre (ou en méditation, selon les versions) peu après la naissance de Ganesh, ne l’avait pas vu grandir et alors qu’il revint dans son palais, tomba nez-à-nez avec le petit, mais déjà bien fort fils de Parvati qui lui barra le chemin.

Parvati désireuse de se délasser dans un bon bain, sans que personne ne la dérange, avait demandé à son fils de garder la porte de la salle de bain et surtout d’interdire toute entrée à tout intrus, coûte que coûte (ça en fait une belle litote ça) !

Ganesh ne reconnaissant pas son père adoptif – et c’est là que l’histoire devient cocasse (car visiblement il n’était représenté ni sur des portraits dans les couloirs de sa maison, ni sur de la monnaie…) – lui barra l’entrée.

Shiva ne reconnaissant pas non plus le fils de sa femme, croyant que Parvati ne se soit pervertie avec ce petit homme et furieux qu’il n’obéisse à ses ordres, entra dans une telle colère noire qu’il entama un combat contre son propre fils !

(Ahlala… Sacrés quiproquos quand même !)

Il appela ses plus valeureux combattants et les envoya au combattre Ganesh, lequel se défendit avec un courage et une force extraordinaire !

Las (ou là, ça marche aussi), Shiva prit finalement sa plus belle hachetag et d’un léger petit pas chassé sur le côté, fit demi tour et se retrouvant ainsi derrière lui, d’un geste précis lui trancha net la tête, laquelle roula sur le sol et disparu ! #jevousdégagederrièrelesoreilles? #pastropcourtderrièrelanuque #laguillotinecétaitplusefficace #tasperdulatêteouquoi #ilavaitpourtantlatêtesurlesépaules #duparacetamolcontrelemaldetête #oudelaspirineplutot #çafaitmalàlatêtedeliretousceshashtags #aufaitcétaitécrithachepashash #ahmerdum #bonbenjeretourneaurécitalors

 

Parvati, que le petit remue-ménage avait fait sortir de son bain moussant, se rinça, se vêtit et sortit de sa chambre. C’est alors qu’elle découvrit avec effroi son fils de fait effondré sur le sol, sans sa tête (comme quoi, « Tête qui roule n’amasse pas de mousse »).

Dépitée de le voir ainsi décapité, elle entra dans une colère noire (elle aussi), raconta à Shiva toute l’histoire et lui professa les pires menaces, tellement terribles qu’elles pouvaient mettre en péril le Dharma, l’équilibre du monde (Rediffuser en permanence les émissions de Cyril Hanouna, écouter en boucle les Fréro Delavega, mettre en application le programme d’un candidat à la présidentiel, publier tous les livres de Marc Levy… entre autres !). Elle exigea à son Dieu de mari de ramener son fils unique à la vie.
« Oh ça va, je suis pas le prince charmant de Blanche Neige, non plus » lui répondit il !
Shiva, pour réconforter sa femme et se faire pardonner – et surtout pour éviter de se faire enguirlander par les autres Dieux pour avoir foutu le bazar dans le Dharma – ordonna à ses serviteurs de rapporter la tête de la première créature vivante « enfant » qu’ils croiseraient hors de la vue de sa mère, afin de la fixer promptement sur le corps décapité.

Les serviteurs mandatés se mirent en quête d’une tête, sans tactique, ni tact…

(Dites, ça va ou vous en avez marre des litotes en « T » ? #arrêteavectesT #etarrêteavecteshashtags)

 

Et le premier être vivant correspondant à l’ordre du Dieu fut un éléphanteau (dont la mère, se reposait à distance en lui tournant le dos) !

Et c’est ainsi que Ganesh reprit vie avec une toute nouvelle tête et par là-même que Shiva décida d’assumer pleinement son rôle de père, pour l’avoir ressuscité.
Une autre version assure que ce sont les Dieux qui ont demandé à Shiva de créer Ganesh afin de distinguer le bien du mal et ainsi assurer la réussite des bonnes entreprises et l’échec des mauvaises. D’un statut de très haut rang – puisque fils de Dieu – et fait à son image – donc très beau – il passait plus de temps à séduire les femmes qu’à s’adonner à sa tâche dévolue (tu m’étonnes… C’est quand même plus sympa des serrer des petites en boite de nuit, que d’arbitrer les actions reloues des humains). Du coup, Parvati, sa propre mère, lui jeta un sort : sa tête fut transformée en tête d’éléphant et au passage il récupéra le ventre d’un américain de 50 ans qui passe l’essentiel de son temps libre à s’empiffrer d’hamburgers de viande de bœufs élevés aux hormones et de frites luisantes d’huile, accompagnés de bières, devant la télé, plutôt que sortir faire du sport, boire des boissons saines et manger de la viande, du poissons et des légumes issus de filières bio et contrôlées (un gros ventre, pour la faire courte) !

Mais bon, personnellement, je la trouvais quand même moins drôle comme version !

 

Dans la plupart des peintures et sculptures, Ganesh est (ainsi que je l’avais écrit aussi dans l’article précédent) : « assis en lotus, avec à ses pieds une souris, il est représenté avec une défense cassée et avec 4 bras (pour chacun des 4 Védas) et dans chaque main :

  • Une hache (le « Parashute »), l’arme de Shiva. Cette arme sert à supprimer agitation et chagrin, en détruisant tout désir et attachement.
  • Un nœud coulant (le « Pasha »), lequel lui sert à capturer l’erreur
  • Un aiguillon à éléphant (l’ « Ankusha »), qui symbolise sa maîtrise sur le monde
  • Un chapelet (le « Mâlâlatête ») de 50 éléments, soit les 50 lettres de l’alphabet sanskrit.
  • Un gâteau (le « Modaka ») », la douce récompense du chercheur de vérité.

 

Pour information, sa trompe est aussi considérée comme un bras, ce qui fait de Ganesh, le seul Dieu Hindoue à posséder un nombre de bras impair.

Et il ne vous aura pas non plus échappé qu’un éléphant a de très grandes oreilles…
– Ganesh, que tu as de grandes oreilles !
– Mais c’est pour mieux t’entendre mon enfant !
Oups, pardon je me suis trompé de conte…

Et celles de Ganesh ne font donc pas exception à la règle. En revanche, elles ont la faculté particulière de n’entendre que les bonnes paroles et de filtrer les mauvaises (ouah quelle chance !).

 

Mûshika, la souris représentée à ses pieds, est son destrier (appelé « véhicule » dans la religion hindoue). L’historie raconte que « Ganesh réussit à capturer, à l’aide de son lasso, une souris effectivement géante qui semait la terreur dans son entourage. Ainsi attrapée, il en fit de « Mûshika » – c’est son nom – sa monture ».

(bon OK, se citer 3 fois dans le même article, faut pas chercher plus loin : c’est de la mégalomanie !).

Le fait que sa monture soit un petit rongeur, n’est pas innocent… En effet, l’image de l’éléphant (massif, réfléchi et puissant) est complétée par celle d’une petite souris (malicieuse et mobile) ; et ces caractéristiques représentent les atouts qui sont nécessaires afin de résoudre les problèmes du monde (ah bon, le monde a des problèmes ???).

 

Concernant la défense cassée, il existe aussi pléthore de légendes. Une d’entre elles prétend que Ganesh fut le rédacteur du Mahâbhârata, lequel lui fut dicté par le sage Vyâsa. Scribe assis, il retranscrit à l’aide d’une de ses défenses (la cassée donc) chacun des vers (« Veda ») du poème, lentement, très lentement, afin qu’il prenne le temps de comprendre le sens caché de chaque mot, chaque phrase, ainsi de réfléchir et analyser aux idées qu’ils impliquaient.

Une autre version raconte que Krishna arrivant au palais de Shiva se vit interdit l’entrée par Ganesh qui avait reçu, non seulement une promotion (puisque passé du statut de gardien de porte à gardien des Divinités supérieures, suite à son sacrifice de décapitation), mais surtout l’ordre de son père et sa mère d’interdire l’entrée à tout intrus, coûte que coûte, car ils souhaitaient un peu d’intimité dans leur chambre et surtout ne pas être dérangés (ça boucle un peu comme histoire). Resté quoi, Shiva s’énerva et lança sa hache en direction de la tête de Ganesh. Ganesh, à qui on ne fait pas une deuxième fois la même blague (pas con quand même… et en même temps, il a désormais une mémoire d’éléphant… ah ah ah !), s’écarta juste à temps : la hache ne coupa ainsi qu’un bout de défense !
Et il existe encore bien d’autres légendes, mais ça risque de faire long !
Et malheureusement nous n’en avons plus beaucoup, car dèjà la voiture s’immobilise à l’entrée de la villa… 
Il est temps de prendre congé d’Agus – qui doit quand même rentrer prendre soin de sa femme et de ses filles – en attendant une prochaine balade en bonne compagnie, pour découvrir des rizières, des chutes d’eau ou d’autres temples qui comptent, avec les sourires de ses habitants, parmi les richesses de l’île préférée des Dieux…

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Et pour contacter Agus (Agus Yudiarta) lors d’un séjour à Bali, voici ses coordonnées :
– e-mail : coker_mthz@yahoo.fr
– numéro de téléphone : +62 812 368 89 36
– site web : http://baliagusvoyage.blog4ever.com

 

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