Hong Kong, Cantonais Kong (c’est pour la vie…)

 

Nihao Ami Lecteur,

 

Petite question en préambule : d’après-vous, existe t’il en Asie, une ville propre, non tagguée, « sécure », où les transports en commun sont efficaces, le métro intelligemment pensé, avec des grosses tours, des espaces verts et un trafic important ?
Non, ce n’est pas Singapour… Je vous aide, c’est en Chine : mais oui c’est Hong Kong, la ville électrique !

(rappel du voyage : Shanghai et ses environs – Les Montagnes Jaunes – l’Exposition universellePékin – La Grande Muraille de ChineHong Kong – Yanghuo)

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Donc, pour rejoindre l’ancienne colonie anglaise, rétrocédée à la Chine en 1997 (mais jouissant d’une autonomie – légale, judiciaire et économique car ils ont leur propre monnaie – pendant 50 ans), nous avons pris le train depuis Pékin.

Lorsqu’on prend le train en Chine, il vaut mieux essayer d’arriver en avance et se tenir prêt, parce que lorsque l’accès au train est autorisé, alors c’est le combat : bien qu’on aille tous au même endroit, ça se passe alors dans une grande cohue et vas-y que je te bouscule, passe devant toi, te pousse… Même les parisiens en période de grève dans le métro sont plus civilisés !  (Non, réflexion faite, peut être pas…)

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Sur le quai, un préposé (aussi aimable qu’une porte de prison…) fait l’accueil au wagon et échange le billet contre une carte en plastique (Pourquoi ? Mystère…).

24 heures de train pour admirer les paysages et les -nombreuses- constructions qui ponctuent le parcours.

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Et l’occasion aussi de faire des rencontres, parfois rigolotes, comme cet américain, dont le père russe avait fuit le régime communiste, qui est venu trouver un boulot en Chine, car il n’arrivait pas à en trouver chez lui… Quelle ironie l’histoire quand même (bon, c’est la seule anecdote marrante, parce qu’après, ayant trop picolé, il a commencé à faire un esclandre dans le train… dans un pays ou s’énerver s’est perdre la face, on a préféré s’éclipser à l’anglaise – ou une expression comme ça- d’autant plus qu’il ne parlait que de lui, de Barak Obama et comme il était fier d’être américain… bon, sincèrement au bout d’un moment, ça soûle !). Ou encore une Hong Kongaise qui nous fera visiter sa ville un peu plus tard (Merci Rani !).

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Mais surtout, le fait d’être un étranger dans un train rempli de Chinois, attire un peu l’attention ! Difficile de passer inaperçu… Et il y a deux options : soit on nous regarde étonné (ou amusé), soit on se voit assailli de nombreuses questions en anglais (par exemple : “que faites-vous ici ?”, “Vous aimez la Chine ?”, “Vous venez d’où ?”, “Vous êtes marié, hi-hi-hi ?” qui va en général avec “you are cute”…) et qui s’accompagnent souvent de multiples petites attentions : un petit chocolat, des biscuits… Le tout, complètement désintéressé !

Étonnant et plutôt sympa ! ça change du gros “relou” qui écoute sa musique à fond dans le wagon du TGV et qui râle quand on lui demande de baisser…

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Pac Man s’est reconverti ! Il ne chasse plus les fantômes, mais bosse dans les trains chinois… Dingue !

 

Hong Kong a beau être en Chine, il ne faut pas de visas (enfin, entant que Français) pour y rentrer ! Le passage de la douane se fait rapidement à la sortie du train, alors que tout laissait penser le contraire, vue l’empressement de chacun sur les quais !

Située sur un territoire de 1100 km², le territoire de Hong Kong est constitué de 260 îles et se situe au sud est du delta de la rivière des Perles (cette région du delta, comporte aussi Canton et Shenzhen).

En fait, la région de Hong-Kong est divisée en 3 territoires : l’île de Hong-Kong  elle-même (occupée par les anglais dès 1839, lors de la première guerre de l’opium, puis cédée officiellement lors du traité de Nankin), la région de Kowloon en face sur le continent (occupée et contrôlée par les anglais dès 1860), et les « nouveaux territoires », autour de Kownloon (que les anglais ont occupés à partir de 1898).

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La ville aux 800 tours (dont certains se visitent) est elle aussi en expansion permanente : toujours plus haut (le record est à 484 mètres actuellement), et plus loin du centre de ville. Et si le territoire est assez limité (ce n’est qu’une toute petite île), et bien ce n’est pas grave : on construit sur la mer ! Comme par exemple l’aéroport, qui est construit sur une île artificielle.

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Quand aux architectures, elles sont pour le moins originales, avec des bâtiments tordus, un qui a une base plus étroite que le sommet, un autre penché, certains sont tellement hauts, qu’ils disparaissent dans les nuages !

Un est vraiment original, dû à l’architecte Leo Ming Pei (qui s’est exporté pour créer la pyramide du Louvre, ou la tour EDF en France) : la tour de la banque de Chine, haut de 369 mètres, tout vitré et avec des toits inclinés lui donnant une forme de couteau qui semble ouvrir le ciel.

Or, au pays des symboles et des croyances mystiques, cela lui vaut un très mauvais Fengshui. C’est tellement important pour certains, qu’un propriétaire habitant en face a fait construire une piscine devant chez lui, afin de s’opposer au building ! Pour lui, vu que le building ressemble à un couteau, quand on donne un coup de couteau dans l’eau, cela ralentit l’impact et donc ça fait moins mal ! Ainsi, la piscine le protège du building couteau (quel beau prétexte pour se faire construire une piscine chez soi)…  

 

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Si certains quartiers, en particulier le quartier chinois – et super bruyant – de Mongkok, dans Kowloon (le plus peuplé du monde, avec une densité de 170 000 habitants par km carré ! Hong Kong, au total, compte environ 7 millions d’habitants), ont des bâtiments qui apparaissent comme plutôt sales en journée, le soir les néons des magasins – dont certains sont aussi larges que la rue – éclairent de mille lumières (et de millions de Watt) les rues, cachant les salissures, et donnant vie aux bâtiments par leurs éclairages animés.

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D’ailleurs c’est bien simple : dans certaines rues, on y voit presque aussi bien qu’en plein jour ! Du coup, je me demande presque si la chaleur nocturne qui règne ne vient pas de ces milliers d’ampoules qui restent allumées… Ah non, c’est parce que la ville est située juste au dessous du tropique du Cancer (d’où des périodes de moussons assez musclées surtout en juillet-aout) et que le printemps, comme l’automne sont des saisons agréables pour visiter la ville.

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Et au détour d’une rue, il est même possible de se faire lire l’avenir, car sur toute une rue, le soir, des stands sont dressées avec des voyants de toutes incompétences : lecteur de lignes de la main, cartomanciens, astrologues, numérologues…

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La nuit, les rues sont aussi emplies d’un agréable mélange d’odeurs venant de plats préparés dans des petits chariots (pains à la vapeur, noodles, soupes, raviolis chinois…) dont les fumées aiguisent l’appétit.

Tellement, que certains trottoirs sont pleins de Hong-Kongais attablés sous des tentes dressées pour l’occasion du diner, en particulier dans le quartier très grouillant de Mong Kok (idéal pour trouver des hébergements moins chers, mais aussi pour faire des achats à n’importe quelle heure).

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Si on mange bien à Hong Kong, en revanche parfois on peut boire des trucs bizarre, comme des cocktails mélangeant jus de fruit et gelée anglaise colorée et parfumée (merci l’héritage britannique…).

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Toujours le soir, les buildings du quartier des affaires, sur l’ile de Hong Kong, offrent un spectacle original (à apprécier depuis l’Avenue des Stars, une grande promenade à Tsim Sha Tsui) : la symphonie des lumières !

40 grattes ciels de l’île de Hong Kong s’éclairent dès 20 heures, au rythme d’une musique “à la Disney”, le show multimédia étant à l’origine à la gloire du capitalisme, puisque créé pour impressionner le voisin communiste avec des effets de lumière (et montrer donc qu’il y avait de l’argent à Hong Kong). Il y a 5 thèmes qui, au travers d’effets de lumière, d’images et de lasers, traduisent « l’énergie, l’esprit et la diversité de Hong Kong » : le réveil, l’Energie, l’héritage, le partenariat et la Célébration (le finale). 

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L’avenue des Stars est une grande esplanade face à la baie, façon « Hall of Fame » à Los Angeles, et qui rend au cinéma Hong-kongais et des empreintes de mains d’acteurs chinois, dont Jackie Chan…

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Qui dit Jackie Chan, dit Kung-Fu et qui dit Kung-Fu, dit Bruce Lee. Ici, c’est une véritable légende et il a d’ailleurs une grande statue sur l’avenue, en face du port Victoria. Pour l’anecdote, il créa une école de Kung Fu (dont certains de ses élèves furent Chuck Norris, Steeve Mac Queen et même Roman Polansky !) afin de l’enseigner même à des non-chinois.

Ce qui ne manqua pas de créer une grosse polémique : ici, on peut copier, mais on ne doit pas enseigner ce que l’on sait faire… Et pour continuer son enseignement (et mettre ainsi fin à la polémique), il dût affronter en combat le maître suprême chinois de l’école de Kung-Fu traditionnel (son principal opposant) ! ça ressemble presque à un scenario de film d’arts martiaux… Bruce Lee gagna le combat et put donc continuer d’enseigner son art !

Et toujours dans la série des anecdotes et des légendes qui entourent Bruce Lee il se trouve que lors des combats dans ses films, il se battait tellement vite que les scènes d’actions devaient être ralenties pour paraître spectaculaires et surtout visibles des spectateurs : Bruce Lee, l’homme qui se battait plus vite que son ombre ! 

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Les transports sont assez efficaces et surtout pas cher : entre métro, taxi rouge et gris (par milliers, heu si eux sont chers…), des bus à impériale, des tramways impériaux hyper étroits et des ferrys (les fameux Star Ferry vert et blanc) à la ponctualité anglaise (voire Suisse), les rues et les mers (déjà chahutées par le va et vient des portes containers) sont donc bien encombrées.

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Et si vous vous êtes toujours demandés à quoi pouvait servir la barre transversale, située en haut d’un bus à impérial, prenez ce bus à Hong Kong, le soir de préférence… En effet, les chauffeurs roulent à (très) grande vitesse (et en plus à gauche ! Merci l’héritage britannique…) dans les rues vides de la ville, prennent les virages de façon très serrée (à une ou deux reprises, j’ai bien cru qu’on aller taper un piéton ou deux sur le trottoir) et surtout, sur les routes suspendues qui serpentent entre les immeubles, on a l’impression d’être dans des montagnes russes en pleine ville !

 

Aux vues des enseignes, il me semble que la vie des Hong-Kongais, en dehors du boulot se résume à faire du shopping, à se balader (mais pas trop quand même), à manger et à se faire masser. Ici, c’est le temple du « Made in China », ou plutôt « Made by Chinese », avec des produits fabriqués de l’autre côté de la frontière (à Shenzhen), faisant de Hong Kong un immense centre commercial, avec des prix très inférieurs à ceux pratiqués en Europe…

Sinon, ils adorent le foot et surtout vénèrent David Beckam (merci l’héritage anglais) !

 

La ville est spectaculaire : on ne croise que des voitures de luxe (c’est aujourd’hui la ville la plus riche de Chine…) et des taxis (j’ai pas vu beaucoup de françaises, en général que des grosses cylindrées allemandes ou italiennes… comme à Shanghai… d’ailleurs, il parait que beaucoup de chinois du continent viennent à Hong Kong dépenser de grosses sommes d’argent… une sorte de blanchiment ?), mais il manque juste un peu d’arbres dans la ville et quelques bâtiments d’époque…

Sinon, les grues tirent la ville toujours un peu plus vers le haut, et les échafaudages en bambous enserrent des bâtiments au pied desquels on se sent tout petit (oui, je sais, je ne suis déjà pas très grand…) phagocytant les derniers édifices coloniaux.

 

Petite promenade-photo dans Hong Kong :

 

Et pour sortir un peu du tumulte de la vie urbaine, une petite excursion vers le pic Victoria offre un moment de détente un peu plus frais et vert, du haut de ses 554 mètres. Pour y accéder, on emprunte (enfin, on paie, plutôt) un funiculaire rouge inauguré en 1888, qui grimpe le long de la montagne et serpente le long des gratte-ciels, avant de s’enfoncer dans la forêt, puis d’arriver au sommet où est construit un gigantesque centre commercial (comme c’est original !). On y trouve, entre autres boutiques, des restaurants panoramiques (de toutes catégories) et même un musée de Madame Tussaud (merci l’héritage britannique).

 

Le pic surplombe donc le centre ville et offre de magnifiques panoramas (« j’aime les panoramas ») sur la mer d’un côté, sur la baie et son ballet de bateaux (avec un point de vue superbe), ainsi que sur les tours de Hong Kong et de Kowloon et plus au loin (dans le brouillard de la pollution), les montagnes qui séparent les nouveaux territoires de la Chine continentale. Dès  son inauguration, c’est un vrai succès, avec la bourgeoisie locale qui l’utilise pour aller pic-niquer. Il est tellement utilisé, qu’en 1945, ce sont même les chiens qui doivent payer 10 cents pour accéder). Aujourd’hui, chaque année, ce sont 5 millions de touristes qui l’utilisent.

 

Visite du Pic Victoria en Photo :

 

Cela a été aussi l’occasion aussi de visiter un lieu unique, situé à proximité du village de pêcheurs d’Aberdeen : le séminaire du Saint Esprit de Hong Kong, au sud de l’ile, dirige par un ancien prêtre bordelais et d’avoir ainsi un point de vue un peu différent de l’Asie, au travers de catholiques dans un pays plutôt bouddhiste.

L’occasion aussi de mieux comprendre le fonctionnement des institutions religieuses chinoises : ici, les évêques sont nommés par le pouvoir central (Pékin), et donc non reconnus par le Vatican à Rome, en général. Et quand c’est Rome qui les nomme, ils ne sont pas acceptés par Pékin qui veut garder un contrôle (même de ce qui ce dit dans les églises…) !

La Religion, serait elle encore considérée comme l’opium du peuple, comme le disait Mao ?

Visite d’Aberdeen :

 

 

Hong Kong, Pékin, Shanghai… La Chine ne se résumant pas qu’à des mégalopôles à gratte-ciels, je quitte Hong-Kong, en direction de Shenzen (à la frontière), en Chine “continentale”, récuperer un train, direction : Yangshuo et la Rivière Li (bon, je voulais tenter le Tibet, mais c’est politiquement compliqué… alors, j’ai opté pour une destination plus proche).

 

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